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«Le peuple suisse sait qu’il est au gouvernail»

Les Suisses, via l'institut Isopublic, sont présents dans l'enquête du WEF. Leurs institutions démocratiques en sortent confortées.

Point de vue d’un journaliste suisse très au fait de ces questions, Beat Kappeler, ancien responsable syndical.

swissinfo: comment, dans le sondage du WEF, expliquer cette désillusion générale face aux institutions?

Beat Kappeler: La situation économique y est sans doute pour beaucoup, de même que les scandales qui ont éclaboussé nombre d’entreprises aux États-Unis comme en Europe.

En ce qui concerne les parlements, c’est peut-être à cause des programmes des partis politiques qui ne se distinguent plus guère les uns des autres. Quand le pouvoir change de camp, il n’y a plus de vrais changements et les citoyens perdent un peu le nord.

Faites-vous le même constat s’agissant de la Suisse?

B.K.: En Suisse la méfiance envers les patrons de l’économie fait suite aux différents scandales qui ont secoué les grandes entreprises, aux difficultés qu’elles traversent, aux licenciements, etc.

Certains patrons n’ont pas fait la preuve de leur compétence et cela a fortement ébranlé les gens. A quoi se sont ajoutés les problèmes de la baisse boursière et des caisses de pension.

Par contre, gouvernement et parlement ont la cote…

B.K.: Oui, peut-être parce qu’ils ont moins de compétences en termes de pouvoir et moins d’importance qu’ailleurs, et qu’ils ont donc moins d’occasions de faire des erreurs.

De plus, le peuple a des instruments de démocratie directe et il les utilise, on l’a vu récemment lorsqu’il a refusé de libéraliser le marché de l’électricité.

Le peuple a l’impression d’être encore et toujours au gouvernail et il se montre donc moins critique et moins sévère à l’égard de ses politiciens.

En sera-t-il de même à l’avenir?

B.K.: En Suisse comme à l’étranger, on constate déjà – et ça se confirmera – une fluctuation de l’électorat qui se vouera à celui qui promet encore plus ou à celui qui se distingue le plus des autres.

Il y aura certainement un va-et-vient des partis politiques un peu excentriques quitte à ce qu’ils soient délaissés lors de l’élection suivante. La politique sera très peu prévisible, mais ça ne changera pas grand-chose aux politiques pratiques.

Reste que, même si l’on constate une désorientation par rapport aux institutions et que les gens doutent de l’avenir, tout cela se passe à un niveau de prospérité et de revenu jamais atteint. Mais ça, les gens ont tendance à l’oublier quelque peu.

swissinfo/Propos recueillis par Bernard Weissbrodt

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