Le rail et la route déciment la faune sauvage
Chaque année, 20 000 animaux meurent sur les voies de communication. Pour limiter l'hécatombe, la Confédération veut améliorer les passages à faune.
Quel conducteur n’a jamais vu des carcasses de grenouilles, renards et autres hérissons au bord d’une route? Ce spectacle affligeant ne doit rien au hasard. La cohabitation entre faune sauvage et un réseau de communication très dense est particulièrement difficile à gérer.
La Suisse dispose en effet, de 70 000 kilomètres de routes et 5000 kilomètres de voies ferrées, a rappelé jeudi à Berne Willy Geiger, sous-directeur de l’Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage (OFEFP).
Or les animaux utilisent également un réseau de communication – invisible celui-là – pour leurs déplacements, notamment au cours des migrations saisonnières. Le problème, c’est que, pour les animaux, la rencontre de ces deux réseaux se traduit par une véritable hécatombe.
Survie pas assurée
Les lourdes pertes enregistrées ne constituent cependant pas le principal problème pour la faune. En effet, les voies de communication humaines compartimentent dangereusement l’habitat naturel de certaines espèces.
C’est par exemple le cas pour le lièvre. «Il doit désormais vivre dans des régions dont l’étendue est inférieure à la taille critique permettant une survie à long terme», déclare Willy Geiger.
Autre exemple: au début des années 70, on retrouvait les biches marquées à leur naissance à 4,3 kilomètres du lieu de marquage. Au début des années 90, cette distance n’était plus que de 0,6 kilomètre.
Et Willy Geiger de mettre en garde: «si nous ne résolvons pas rapidement le problème du cloisonnement, des espèces actuellement répandues deviendront rares».
Solution à portée de main
Les passages à faune constituent une solution au problème. Seulement, ils sont en mauvais état. Selon une étude, 47 des 303 passages du pays sont hors d’usage et 171 ne fonctionnent que partiellement. Bref, seul un tiers de ces ouvrages remplissent pleinement leur rôle.
Le Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC) a donc élaboré une directive pour remettre ces passages en état. Il est par ailleurs prévu d’éviter que d’autres passages soient interrompus par les voies de communication.
«Cette directive est un bon compromis entre les intérêts de la faune et ceux des infrastructures et des transports», tient à souligner André Schrade, secrétaire général adjoint du DETEC.
Olivier Pauchard, Palais fédéral
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