Projet miné d’embûches pour Omya aux Etats-Unis
La compagnie minière suisse Omya est accusée de vouloir détruire le paysage bucolique du Vermont aux Etats-Unis.
Les habitants d’une petite ville de cet Etat de Nouvelle-Angleterre s’opposent à l’ouverture d’une carrière de carbonate de calcium.
Omya n’est pas une nouvelle venue dans le Vermont. Basée à Oftringen, la compagnie suisse s’est implantée dans cet Etat du nord-est des Etats-Unis en 1976, en rachetant une carrière de marbre. Aujourd’hui, elle emploie 300 personnes au Vermont.
Mais les relations avec la population se détériorent depuis que le groupe minier envisage d’extraire du carbonate de calcium d’une montagne chère à leur cœur.
Pour fabriquer du papier
Puisqu’elle figure sur les brochures touristiques de cette région réputée pour la flamboyance de son feuillage automnal. Omya utilise le carbonate de calcium pour fabriquer du papier.
Dutch Hill, la montagne en question, a la particularité d’abriter un calcium d’une pureté exceptionnelle. Elle est aussi située près de Danby, un bourg où de nombreux habitants ont peur que l’exploitation d’une carrière ne se traduise par la disparition de la montagne, la pollution de l’eau et un flux incessant de camions sur les petites routes de la région.
«Notre eau est d’une très grande pureté, la montagne est magnifique et la diversité biologique de nos forêts est remarquable, mais le projet d’Omya va détruire tout ça», déclare ainsi à swissinfo Annette Smith, la directrice de l’association Vermonters for a Clean Environment.
Préoccupations légitime
Cette association a récemment organisé un sommet des opposants d’Omya. Le sommet a rassemblé à Danby des gens qui se battent contre des projets de la compagnie minière en France et au Canada.
Jim Reddy, le patron de la filiale américaine d’Omya, reconnaît que les préoccupations de la population locale sont «légitimes». Il assure néanmoins que son entreprise a le souci de la protection de l’environnement. «Nos sites ne déversent absolument rien dans l’environnement car nous recyclons tout, y compris l’eau», indique à swissinfo Jim Reddy.
Selon le Wall Street Journal, le gisement de Danby pourrait créer 120 emplois dans la région. Cependant, ni l’écologiste Annette Smith, ni même le directeur d’Omya ne peuvent confirmer d’où provient cette estimation.
Une marche arrière d’Omya
«Le site de Danby créera une vingtaine d’emplois au grand maximum», indique Annette Smith. De son côté, Jim Reddy se refuse à fournir un chiffre tout en soulignant que le nombre d’emplois créés par la nouvelle carrière «sera important pour un Etat rural comme le Vermont».
Mais devant la controverse provoquée par son projet, Omya semble entamer une marche arrière. En effet, le patron de la filiale américaine du groupe considère que le site de Danby n’est «pas sa première priorité».
Il souligne que les études environnementales et géologiques commandées par Omya se prolongeront jusqu’au milieu de l’an prochain. Il ajoute que l’élaboration du projet lui-même ne commencera pas avant 2004.
swissinfo/Marie-Christine Bonzom à Washington
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