Quatre étudiants suisses testent la gravité zéro
Ce n'est pas l'espace, mais ça y ressemble. Quatre étudiants lausannois flotteront bientôt dans la carlingue d'un A300 en vol parabolique.
Ceci afin de tester les panneaux solaires qu’ils mettent au point pour le «satellite européen des jeunes».
«Si l’on m’avait dit il y a seulement deux ans que j’en serais là aujourd’hui, j’aurais cru à un gag», s’amuse Renato Krpoun, 24 ans, étudiant à la Section de microtechnique de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL).
Mercredi, ce jeune passionné de conquête spatiale s’envole avec trois de ses camarades pour Bordeaux.
Et, la semaine prochaine, par paires de deux, les quatre étudiants auront droit à quelque trente minutes d’apesanteur chacun… mais découpées en tranches.
Comme des oiseaux
La technique est bien connue des astronautes. On fait effectuer à un Airbus A300 une série de paraboles entre 6000 et 9000 mètres d’altitude.
Chaque vol permet trente «sauts» de ce type. Et, au sommet de la courbe, les passagers se trouvent durant 20 à 30 secondes en état de gravité, sinon nulle, du moins fortement réduite.
«La perspective est excitante, se réjouit Renato Krpoun. J’ai fait un peu de plongée sous-marine, ce qui donne en gros les mêmes sensations. Mais ici, nous allons expérimenter ce que peu de gens ont eu la chance de vivre».
Pour en arriver là, les quatre étudiants ont dû bûcher dur. Et ce n’est pas fini.
Si l’agence spatiale européenne (ESA) leur offre cette forme si particulière de montagnes russes, ce n’est pas pour le seul plaisir.
Simple et fiable
Le but, en effet, est de tester en apesanteur le matériel qu’ils ont mis au point pour le premier satellite au monde conçu et fabriqué par des étudiants.
Les quatre Lausannois sont chargés du système de déploiement mécanique des panneaux solaires du satellite.
«Ce que nous proposons n’a rien de révolutionnaire, admet modestement Renato Krpoun. Si ce n’est qu’un satellite aussi petit n’a généralement pas de panneaux orientables.»
Simples mais solides, leurs bras articulés sont munis de deux charnières avec des ressorts et d’un moteur qui permet de les orienter en permanence vers le soleil, source d’énergie unique du satellite.
A bonne école
Pour Renato Krpoun et ses collègues, l’aventure a commencé sur Internet.
Comme de nombreux étudiants européens, ils ont répondu à l’appel de l’ESA, qui mettait au concours les différentes parties du satellite à construire.
Et comme les techniques spatiales ne sont pas enseignées en tant que tel à l’EPFL, ces quatre jeunes gens ont dû apprendre à chercher de l’aide là où ils pouvaient la trouver.
Mais quelles qu’aient été les difficultés, Renato Krpoun est conquis.
Pas de doute: la technologie spatiale sera son futur métier. A moins qu’il ne parvienne à réaliser son rêve ultime et à devenir un jour astronaute.
Dans ce cas, il aura déjà passé le test de l’apesanteur.
swissinfo/Marc-André Miserez
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