Tapis rouge pour le castor
Pro Natura lance un programme national de revitalisation des rivières pour offrir aux castors un habitat plus naturel.
Après le succès d’un projet-pilote à Bâle-Campagne, «A l’eau castor!» étend à toute la Suisse ce programme qui favorise aussi la survie des autres espèces.
Les castors doivent pouvoir bénéficier d’un réseau de rivières et de fleuves proches de la nature entre le Rhin et le Rhône. C’était le thème central de la campagne «Libérez nos rivières», lancée en 2006 par Pro Natura.
Vaste campagne menée aussi au profit des libellules, martins pêcheurs, truites et autres espèces animales et végétales, a précisé Urs Leugger-Eggimann responsable du projet.
L’organisation écologiste passe maintenant la vitesse supérieure en lançant ce lundi à Berne son programme national «A l’eau castor!».
Pour symboliser ce programme qui regroupe des projets de revitalisation dans toute la Suisse, Pro Natura a choisi le castor.
Un ambassadeur
Disparu depuis 1805 en Suisse, le castor n’a été réintroduit qu’au milieu du 20e siècle. Aujourd’hui, on estime qu’entre 700 et 900 de ces rongeurs vivent dans nos rivières.
Ce n’est donc pas l’animal le plus menacé en Suisse, mais Pro Natura estime que c’est un «ambassadeur remarquable» pour dénoncer à nouveau les effets négatifs des modifications apportées à 90% des cours d’eau du pays.
De plus, indique l’association, le castor est un bon indicateur puisqu’il s’établit là où les cours d’eau sont satisfaisants d’un point de vue écologique et offrent des milieux de vie à de nombreuses espèces menacées.
Situation «catastrophique»
En Suisse romande, la situation est «catastrophique», selon le secrétaire romand de l’organisation Roman Hapka.
Plusieurs grandes plaines alluviales – Orbe, Broye, Trois-Lacs et plaine du Rhône – ont été systématiquement drainées, canalisées, aménagées en zones agricoles intensives et maraîchères. Sans compter l’extension des villes et des villages.
Pro Natura est donc prête à employer «les grands moyens» pour corriger le tir et étendre l’expérience réalisée depuis 2000 à Bâle-Campagne. C’est ainsi que, désormais, «A l’eau castor!» englobe une vingtaine de projets dans tous les cantons romands, du Lac de Bienne au Léman en passant par le Jura et la vallée du Rhône.
Série de mesures
L’action prévoit l’achat de terrains et la renaturation de cours d’eau. Parmi les mesures envisageables: recreuser et élargir des lits de rivières et des canaux pour favoriser la dynamique naturelle, remettre à ciel ouvert certains tronçons sous tuyaux, améliorer l’accès aux biotopes voisins favorables, aménager les barrages pour faciliter le passage des castors et des poissons.
Il convient également de favoriser un boisement riverain naturel, de faire respecter les débits résiduels et si possible d’augmenter la dotation en eau. Et Pro Natura de souligner qu’il s’agit d’une démarche «d’envergure» qui nécessite la collaboration de tous les partenaires concernés: propriétaires de terrains, autorités, communes et population.
La Suisse s’est engagée, en signant des Conventions internationales, à stopper toute menace sur les espèces d’ici à 2010
swissinfo et les agences
Pro Natura a lancé en 1999 la campagne «RésEAU» pour redonner de l’espace aux cours d’eau.
Vu son succès dans la région bâloise depuis 2000, le programme national «A l’eau castor!» a été lancé aujourd’hui dans toute la Suisse.
Il consiste notamment à revitaliser les rivières dans les cantons de Fribourg, Valais, Jura et Argovie.
Bien que le nombre de castors (900 environ) ait progressé, en Suisse, l’animal a été choisi comme «ambassadeur» de cette campagne pour dénoncer les effets négatifs des modifications apportées à 90% des cours d’eau du pays.
Le «Castor fiber L.» mesure 60 à 90 cm, plus 20 à 30 cm de queue. Avec un poids de 15 à 30 kg, c’est le plus grand rongeur d’Europe.
Aucun caractère distinctif externe ne permet de différencier les mâles des femelles.
Il est très adapté à sa vie aquatique: oreilles et narines se ferment lors de la plongée et il peut ouvrir les yeux sous l’eau. L’oesophage peut être obturé par la langue, permettant de tenir une branche dans la gueule.
La queue, qui sert de gouvernail de profondeur, assure aussi les fonctions de réserve de graisse et de régulateur thermique.
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