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Onze ans après l’Accord sur le nucléaire iranien, les États-Unis et l’Iran retournent «à la case départ»

Bürgenstock
Le luxueux Bürgenstock Resort, perché au-dessus du lac des Quatre-Cantons, avait déjà accueilli une conférence sur la paix en Ukraine en 2024. Il appartient au fonds souverain du Qatar, qui agit vendredi en tant que médiateur aux côtés du Pakistan. Keystone / Michael Buholzer

Les diplomates américains et iraniens se réunissent vendredi en Suisse pour ouvrir un nouveau chapitre de négociations sur le nucléaire iranien. Il pourrait aboutir à un texte similaire à celui abandonné par Donald Trump en 2018.

Les États-Unis et l’Iran se réunissent vendredi en Suisse centrale, au Bürgenstock, dans le canton de Nidwald, pour de premières négociations sur la mise en œuvre du protocole d’accord de paix, signé mercredi soir. Ils seront épaulés par des médiateurs pakistanais et qatariens. La composition des délégations n’est pas connue.

Produit de plusieurs semaines de négociations, le protocole d’accord – qui a été rendu public dans la foulée de sa signature – fixe les grands principes d’un accord final dont les détails devront être négociés au cours des 60 prochains jours.

Il prévoit notamment la réouverture du détroit d’Ormuz, dont le blocage a perturbé l’économie mondiale, et l’arrêt des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban, théâtre de combats entre Israël et le Hezbollah. La levée des sanctions américaines et le nucléaire iranien y figurent également.

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Retour à la case départ

La rencontre de vendredi marque l’ouverture d’un nouveau chapitre de négociations, en particulier sur le très épineux dossier du nucléaire iranien, dont l’issue demeure largement incertaine. Aucun résultat n’est à prévoir dans l’immédiat.

«C’est un retour à la case départ», indique Marc Finaud, chercheur associé au Geneva Center for Security Policy (GCSP).

Donald Trump a décritLien externe le protocole d’accord comme «un rempart contre toute possibilité pour l’Iran de se doter un jour de l’arme nucléaire», soit «l’opposé» de l’Accord de Vienne, qu’il avait quitté en 2018. Selon lui, ce texte, signé par son prédécesseur Barack Obama en 2015, était trop «faible» et favorable à Téhéran.

«L’accord de 2015 était très détaillé, basé sur la méfiance avec un système de vérification, des inspections, et une forte implication de la communauté internationale, du Conseil de sécurité et de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA)», rappelle Marc Finaud, expert du désarmement nucléaire.

Conclu entre l’Iran, les États-Unis, la Chine, la France, le Royaume-Uni, la Russie et l’Allemagne, l’Accord de Vienne (en anglais, Joint Comprehensive Plan of Action ou JCPOA) imposait des limites au programme nucléaire iranien en échange d’une levée des sanctions internationales. Il prévoyait aussi un renforcement des contrôles sur les installations nucléaires du pays. Plusieurs de ses principales dispositions devaient toutefois expirer dans le temps.

60 jours pour négocier

Le délai de 60 jours – que les parties peuvent prolonger d’un commun accord – est particulièrement ambitieux sachant que l’Accord de Vienne était l’aboutissement de plus de dix ans d’efforts diplomatiques.

«Ce délai n’est réaliste que si les attentes sont faibles et qu’il s’agit de revenir à un résultat qui ressemble plus ou moins au JCPOA, estime Marc Finaud. Mais si l’idée est d’aller plus loin, et d’inclure, par exemple, la question des missiles balistiques, alors ce n’est pas envisageable.»

Ce dernier point figurait au menu des dernières rondes de pourparlers, qui ont eu lieu en début d’année à Genève, sous la médiation d’Oman, et se sont soldées par un échec. Le protocole d’accord n’en fait pas mention.

En l’état, le texte signé mercrediLien externe se contente de réaffirmer que l’Iran s’engage à ne pas acquérir l’arme nucléaire et aborde la dilution des stocks d’uranium enrichi. Il indique que «les deux parties ont également convenu de discuter de la question de l’enrichissement».

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Retour en Suisse?

On ignore pour l’heure si, au cours des 60 prochains jours, de nouvelles rondes de pourparlers auront lieu en Suisse, où se sont tenues les premières discussions sur le nucléaire iranien dès 2003, puis entre 2013 et 2015 à Genève et à Lausanne.

«Genève est pratique pour tout le monde en raison de ses infrastructures et parce qu’il existe un précédent, indique Marc Finaud. Mais il faudra voir si les médiateurs pakistanais et qatariens voudront accueillir chez eux ces négociations.»

InterrogéLien externe lundi sur les ondes de la RTS, Hasni Abidi, chargé de cours au Graduate Studies Institute de l’Université de Genève et directeur du Centre d’études sur le monde arabe et méditerranéen, a dit espérer que la Suisse, jusqu’ici «absente des négociations», pourra «dépasser son statut de facilitateur pour intervenir sur la consolidation de cet accord.»

Contacté, le département fédéral des affaires étrangères (DFAE) indique que la Suisse «agit en tant que facilitatrice, en créant les conditions pratiques et diplomatiques permettant la tenue de cette rencontre sur son territoire.»

Pour rappel, la Suisse représente depuis 1980 les intérêts américains en Iran, et bénéficie donc d’une position privilégiée entre ces deux pays.

Texte relu et vérifié par Virginie Mangin/sj

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