Autres partis quasiment unis contre le texte UDC sur l’immigration
(Keystone-ATS) L’initiative de l’UDC «contre l’immigration massive» ne résout aucun problème: elle se contente d’en créer de nouveaux. Pour contrer l’ «attaque frontale contre la prospérité suisse», un comité interpartis est monté aux barricades en vue du scrutin du 9 février.
Cette initiative populaire «scie la branche sur laquelle nous sommes assis», a affirmé le président du PDC Christophe Darbellay. Le Valaisan était flanqué de ses homologues du PLR, des Verts, des Verts libéraux, du PBD et du PEV. Le PS, opposé lui aussi au texte, n’a pas rejoint le club car il veut mener sa propre campagne.
«Je ne crois pas exagérer en disant qu’il s’agit de la votation la plus importante de la législature», a dit M. Darbellay. L’initiative de l’UDC – qui veut réintroduire des plafonds annuels pour tous les étrangers, frontaliers et requérants d’asile y compris – risque de signer la fin de la libre circulation des personnes. Au vu de la clause guillotine, elle compromettrait les autres accords bilatéraux avec l’Union européenne.
Jeu avec le feu
Impossible de prédire si Bruxelles appliquera cette clause. Mais pour la coprésidente des Verts Adèle Thorens, il ne faut pas courir le risque. «De toute façon, on ne parviendrait pas à négocier de meilleurs accords», a renchéri le patron du PBD Martin Landolt. Il n’est donc pas question de mettre en péril la seule alternative valable à une adhésion à l’UE.
Son collègue du PLR Philipp Müller a appelé lui aussi à ne pas jouer avec le feu, car «nous risquons gros; certes, nous gagnons notre pain en Suisse, mais notre bien-être se crée en Europe». Depuis la mise en vigueur des accords bilatéraux, le produit intérieur brut a connu une croissance accélérée.
Les entrepreneurs aussi
La Société suisse des entrepreneurs (SSE) recommande elle aussi de rejeter l’initiative de l’UDC. Selon la faîtière, le texte «menace la voie bilatérale et renforce la pénurie de main-d’oeuvre qualifiée». La réintroduction de quotas soumettrait les entreprises, notamment celles actives dans la construction, à une «énorme bureaucratie», craint-elle.