Blocher-Roschacher: la liberté de la presse prime
(Keystone-ATS) Berne – Un journaliste de la «NZZ am Sonntag» s’est vu reconnaître le droit de citer un document confidentiel du procureur extraordinaire de la Confédération, dans le cadre de l’affaire Blocher-Roschacher. La liberté de la presse prime sur le secret d’Etat dans ce cas.
Il y avait un intérêt public à faire connaître le comportement du président de l’UDC Toni Brunner, a estimé la juge unique bernoise dans son verdict. Elle a blanchi le journaliste de l’accusation de violation de secret de fonction. Il écope en revanche d’une amende de 800 francs, contre laquelle il a fait recours.
L’affaire remonte à juin 2008. Dans un document confidentiel, Pierre Cornu, alors procureur extraordinaire de la Confédération, demandait au Conseil national d’examiner la possibilité de lever l’immunité parlementaire de Toni Brunner (UDC/SG).
Le St-Gallois était soupçonné d’avoir transmis en 2007 aux services de Christoph Blocher, alors chef du Département fédéral de justice et police, des informations confidentielles dont il avait eu connaissance par son activité au sein de la commission de gestion du National. Elles avaient ensuite paru dans la presse.
La Chambre du peuple s’est prononcée pour la levée de l’immunité de Toni Brunner, mais le Conseil des Etats l’a refusée. En juillet 2009, le procureur fédéral a donc été obligé de clore l’affaire.