Aujourd’hui en Suisse
Chères lectrices, chers lecteurs,
14 passagers et le conducteur d’un train reliant les villes vaudoises de Baulmes et Yverdon-les-Bains ont été pris en otage durant quatre heures jeudi soir. Mobilisée en masse, la police du canton les a libérés lors d’un assaut qui a coûté la vie à l’assaillant. Le fait est rare, mais pas totalement inédit en Suisse.
Aussi dans cette sélection de l’actualité du jour: les dix ans de l’initiative de l’UDC contre l’immigration de masse et ce qu’un réchauffement mondial de +1,5°C signifie pour la Suisse.
Vous pouvez également participer au second sondage de la SSR à l’approche des votations.
Bonne lecture,
Fait rare en Suisse, une prise d’otages a eu lieu jeudi soir dans un train régional circulant dans la campagne vaudoise. L’auteur de l’acte a été abattu par les forces de l’ordre.
C’est à Essert-sous-Champvent, entre 18h30 et 22h15, que quinze personnes, dont le conducteur, ont été prises en otages dans un train par un homme armé d’une hache et d’un couteau. Après de longues négociations, la police a lancé l’assaut au cours duquel l’agresseur a été tué alors qu’il chargeait les agents avec son arme.
Les passagers n’ont pas été blessés. L’assaillant serait un requérant d’asile iranien d’une trentaine d’années arrivé en Suisse en 2022. Il ne serait pas connu des services de sécurité pour des faits de violence ni de radicalisation.
La piste terroriste n’est pour l’heure pas privilégiée, a communiqué la police vaudoise. Une enquête est en cours pour préciser les circonstances de l’attaque. Celle-ci a mobilisé plus de 60 policiers, dont des tireurs d’élite de la police genevoise.
Il y a dix ans, le 9 février 2014, le peuple suisse acceptait de justesse l’initiative contre l’immigration de masse de l’UDC.
Le résultat de la votation (texte adopté par 50,34% des voix) avait largement surpris. Le Conseil fédéral avait dû négocier avec Bruxelles, le texte n’étant pas compatible avec la libre circulation des personnes.
Conséquence concrète: depuis six ans, les employeurs sont tenus d’avantager la main-d’œuvre indigène dans les secteurs où le taux de chômage dépasse 5%. En pratique, les personnes inscrites au chômage peuvent accéder aux offres d’emploi en premier. Si 8000 personnes ont trouvé un emploi par ce biais en 2022, deux études ont néanmoins trouvé que la mesure n’a pas eu d’effet significatif, ni sur le taux de chômage, ni sur l’immigration.
Insatisfaite de l’application de son initiative, l’UDC a lancé l’an dernier un texte très similaire: l’initiative «Non à une Suisse à 10 millions d’habitants». Interrogé dans la Matinale de la RTS, le politologue Marc Bühlmann estime qu’en dix ans la population a acquis une plus forte conscience des enjeux de la relation Suisse-UE. «Dans ce contexte, peut-être que l’acceptation d’une initiative de ce type semble plus compliquée.»
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Limiter le réchauffement climatique à 1,5°C – c’est un slogan que l’on entend souvent, mais pourquoi cette limite, et avec quelles conséquences? Les réponses de mon collègue Luigi Jorio.
Sur les douze derniers mois et pour la première fois, la température moyenne de l’air à la surface de la planète a été de 1,52°C supérieure à celle de l’ère préindustrielle. Ce fameux degré et demi de réchauffement maximum, sur lequel s’est accordée la communauté internationale dans l’Accord de Paris de 2015, repose sur des études scientifiques.
Un scénario de +1,5°C implique des phénomènes météorologiques extrêmes (vagues de chaleur, sécheresses, fortes précipitations) plus fréquents. Avec pour conséquences: davantage de victimes, une perte de la biodiversité, et une diminution des récoltes agricoles.
En Suisse, le seuil de 1,5°C a déjà été dépassé au début du nouveau millénaire. Et le réchauffement moyen pour la période 2013-2022 a été de 2,5°C, soit près du double de la moyenne mondiale. Un changement qui se reflète par de longues périodes chaudes et sèches en été, la fonte inexorable des glaciers et des hivers pauvres en neige.
Vous le savez, les Suisses se rendent aux urnes le 3 mars pour décider de l’avenir de leur retraite. À l’approche de cette échéance, la SSR lance vendredi son second sondage.
Deux objets concernant l’AVS seront au menu du prochain dimanche de votations. Il s’agit d’une initiative populaire des Jeunes Libéraux-Radicaux demandant un relèvement de l’âge de la retraite de 65 à 66 ans et d’une initiative des syndicats qui réclame une 13e rente AVS pour toutes les personnes retraitées.
Aucune des deux propositions ne reçoit le soutien du gouvernement. La hausse de l’âge du départ convainc la droite (UDC et PLR) et les milieux économiques, mais pas une majorité du Parlement. Celui-ci rejette l’idée d’une rente supplémentaire qui séduit la gauche (PS et Verts) et les syndicats.
Et vous? Avez-vous déjà décidé de la façon dont vous allez voter? Votre avis nous intéresse, participez au second sondage de la SSR. Nous vous proposerons prochainement l’analyse de ses résultats.
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