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Deux semaines après le drame de Crans-Montana, la Suisse reste secouée, mais le sujet commence à prendre moins de place dans les médias nationaux. Ce n’est pas le cas en Italie, où la tragédie domine encore largement le débat médiatique. Après la tristesse, c’est la colère qui s’exprime chez nos voisins.

Une tribune sur le sujet fait également beaucoup parler d’elle. Le journaliste et auteur italien Roberto Saviano s’y interroge sur d’éventuels liens entre les propriétaires du bar de Crans-Montana et la mafia corse.

Bonne lecture,

Un manifestant brûle un portrait du Guide suprême iranien Ali Khamenei.
Un manifestant brûle un portrait du Guide suprême iranien Ali Khamenei. Keystone / Michael Buholzer

Des centaines de personnes ont manifesté, mardi soir, contre le régime iranien à Zurich et à Berne. L’Iran est secoué par des manifestations d’une ampleur inédite, réprimées avec une grande violence par le régime.

À Zurich, plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées sur l’Europaplatz, près de la gare centrale. Elles ont réclamé la fin de la République islamique. Plusieurs effigies du Guide suprême Ali Khamenei ont été brûlées. Toutefois, la manifestation s’est déroulée dans le calme.

À Berne, en revanche, la police a dû intervenir devant l’ambassade d’Iran, faisant usage de gaz lacrymogène. Les forces de l’ordre ont indiqué que l’atmosphère était «tendue». Trois hommes s’étaient notamment introduits illégalement dans l’enceinte de l’ambassade. L’un d’entre eux a été interpellé, alors que les deux autres sont toujours en fuite.

Depuis plus de deux semaines, le peuple iranien manifeste contre le régime autoritaire de la République islamique. Les forces de l’ordre ont réagi avec brutalité. Les organisations de défense des droits humains ont fait état de plusieurs milliers de morts mardi. Face à cette situation, le président américain Donald Trump menace d’intervenir militairement.

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Les six victimes italiennes de l’incendie meurtrier de Crans-Montana ont été rapatriées le 5 janvier. EPA / Luca Zennaro

Après la tragédie de Crans-Montana, la pression politique et médiatique est intense en Italie. Le gouvernement réclame des comptes: il veut se porter partie civile dans la procédure sur l’incendie du bar «Le Constellation», qui a causé la mort de 40 personnes, dont six de nationalité italienne.

L’Italie exige que «toute la clarté» soit faite sur le drame de Crans-Montana. La tristesse a laissé place à la colère jusqu’au plus haut de l’État. «Ce qui s’est passé à Crans-Montana n’est pas un accident. C’est le résultat du manque de professionnalisme de trop de personnes ou de leur volonté de s’enrichir facilement», a déclaré la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni.

La correspondante de la RTS en Italie, Valérie Dupont, a témoigne dans le 19h30 de l’atmosphère qui règne dans le pays: «Il y a des déclarations politiques presque tous les jours sur le drame, dans un contexte de cirque médiatique, avec les talk-shows des télévisions italiennes qui parlent du matin au soir de ce qui s’est passé à Crans-Montana».

Dans le quotidien italien Corriere della Sera, le journaliste et auteur italien Roberto Saviano s’interroge sur les liens probables entre les propriétaires du bar et le grand banditisme corse. Selon lui, cette histoire «n’est que l’épilogue visible d’une histoire qui dépasse largement le simple cadre de la sécurité incendie». Il estime que le fait que le couple ait pu faire l’acquisition de plusieurs locaux et propriétés dans l’une des communes les plus chères du Suisse, sans avoir recours à aucun prêt bancaire, conforte des soupçons d’opérations financières opaques et de blanchiment d’argent.

Parlement européen
Les 720 eurodéputés devront se prononcer cette année sur les accords Suisse-UE, mais la plupart n’y ont pas encore prêté grande attention. Swissinfo / Katy Romy

Le nouveau paquet d’accords entre la Suisse et l’Union européenne séduit davantage à Strasbourg qu’à Berne. Notre reportage au siège du Parlement européen révèle que les eurodéputés impliqués dans le dossier ne voient aucune alternative à ce compromis.

«Il y a quelques critiques, mais une majorité des députés souhaitent aujourd’hui des relations bonnes et durables avec la Suisse», affirme Christophe Grudler, rapporteur pour les relations avec la Suisse. L’eurodéputé libéral français est chargé de préparer le rapport qui sera soumis cette année au Parlement européen pour approuver les nouvelles règles encadrant les relations Suisse-UE.

Parmi les parlementaires européens, deux critiques principales sont émises. Certains États européens à faible PIB jugent que la Suisse ne paie pas assez cher son accès au marché européen. «Une minorité de collègues ont l’impression que nous perdons notre temps à négocier avec la Suisse, après l’abandon de l’accord-cadre en 2021», relève également Christophe Grudler.

Les eurodéputés impliqués dans les relations avec la Suisse n’envisagent pas un échec du paquet d’accords négociés avec Berne. «Ce serait le point zéro des relations entre Berne et Bruxelles, le point de congélation: une non-relation qu’il faudrait redéfinir complètement», avertit l’Autrichien Lukas Mandl, ancien rapporteur spécial sur la Suisse.

Lea Blattner, 32 ans, avait fait son coming out dans la presse en avril dernier.
Lea Blattner, 32 ans, avait fait son coming out dans la presse en avril dernier. Keystone / Peter Klaunzer

Victime d’homophobie, Lea Blattner démissionne de la coprésidence de la Jeunesse du Parti évangélique suisse (PEV). La direction du parti se dit «consternée» et estime que de telles attaques sont incompatibles avec les valeurs défendues en Suisse.

Lea Blattner, 32 ans, a expliqué les raisons de sa démission, dans un message posté lundi sur Instagram. En avril, elle avait révélé son homosexualité dans la Basler Zeitung. Un coming out mal accepté par certains membres du parti: depuis, elle a reçu des centaines de messages d’insultes et de haine. Par lettre anonyme, elle a même reçu des menaces de mort.

«Avec le temps, c’est devenu de plus en plus pesant. Surtout à cause des menaces concrètes, y compris de la part de personnes qui savaient où j’habitais. Cela m’a tout simplement fait peur, au point que j’ai eu des problèmes pour dormir», a expliqué Lea Blattner à la RTS.

En Suisse, le cas de Lea Blattner n’est pas isolé. Plusieurs élus homosexuels disent subir des attaques répétées. De son côté, le PEV Suisse a condamné les attaques et encourage Lea Blattner à porter plainte contre l’auteur de la lettre anonyme. Le vice-président du PEV a affirmé que si l’enquête révèle «que c’est vraiment un de ses membres qui a écrit cette lettre — pour l’instant ce n’est qu’une supposition —, nous envisagerons clairement des mesures disciplinaires».

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