Aujourd’hui en Suisse
Suisses du monde, bonjour,
Le rachat de Credit Suisse semble sourire à UBS: le géant bancaire a enregistré l’an dernier un bénéfice en hausse de 53%, et les actionnaires devraient toucher de généreux dividendes.
L’établissement bancaire est toutefois rattrapé aux États-Unis par une sombre page de l’histoire, avec la découverte de centaines de comptes liés aux nazis.
Le drame de Crans-Montana, lui, continue de jeter une ombre sur les relations entre la Suisse et son voisin italien. Vous découvrirez que les tensions sont particulièrement vives dans le canton frontalier du Tessin.
Bonne lecture,
Aux États-Unis, UBS est confrontée au passé de Credit Suisse, l’ex-numéro deux bancaire helvétique qu’elle a absorbé en 2023. Le Sénat américain a découvert que 890 comptes de l’ancien établissement auraient eu des liens avec le régime hitlérien.
Mardi, la commission judiciaire du Sénat a interrogé de manière musclée les dirigeants d’UBS. Son président, le sénateur Chuck Grassley, a affirmé que les investigations montraient que les relations entre Credit Suisse et les SS étaient plus étendues qu’on ne le pensait. Le bureau économique du groupe paramilitaire nazi aurait notamment détenu un compte auprès de la banque, laquelle aurait aussi aidé des nazis à fuir en Argentine.
Certains des comptes suspects — parfois restés ouverts jusqu’en 2020 — étaient inconnus jusqu’ici. Ils auraient appartenu au ministère allemand des Affaires étrangères, à un fabricant d’armes ou encore à la Croix‑Rouge allemande, selon le Sénat. Les élus reprochent également à l’établissement de ne pas avoir transmis toutes les informations requises lors d’enquêtes menées depuis les années 1990.
Le directeur d’UBS pour les États‑Unis, Robert Karofsky, s’est défendu en assurant que la banque avait toujours coopéré et souhaitait que toute la lumière soit faite. Il a rappelé que les aspects financiers avaient été réglés en 1999, dans le cadre de l’affaire des fonds en déshérence.
La Ville de Lausanne a dévoilé mercredi deux rapports sur sa police, ébranlée par plusieurs scandales ces derniers mois. Les documents confirment la nécessité d’une réforme, notamment pour mieux repérer les comportements discriminatoires.
Grâce à la mise en place d’un espace d’écoute anonyme, les témoignages d’une vingtaine de policiers et policières ont pu être récoltés. Leurs récits font état d’attitudes problématiques au sein de la police lausannoise: discriminations, stéréotypes liés à l’origine ou à la religion, ainsi que des comportements sexistes répétés à différents niveaux de la hiérarchie.
Un second rapport met en lumière plusieurs dysfonctionnements. Son analyse, qui devra être approfondie, souligne «la nécessité de renforcer les dimensions managériales, sociales et déontologiques de l’action policière». Le rétablissement de la confiance entre la population et sa police a été présenté comme un enjeu central.
La police lausannoise a été secouée par plusieurs crises l’an dernier. Des groupes WhatsApp au contenu raciste et sexiste ont notamment été mis au jour, choquant profondément l’opinion publique. Des heurts entre manifestants et forces de l’ordre avaient également éclaté à la suite du décès d’un adolescent fuyant la police en scooter.
La délégation des commissions de gestion du Parlement craint que la Suisse ne devienne un nid d’espions. Elle demande au Département fédéral des affaires étrangères et au Conseil fédéral d’adopter des mesures plus strictes, rapportent mercredi les journaux de Tamedia.
Sous le couvert de la diplomatie, des dizaines d’employés d’ambassades étrangères espionnent en Suisse, à l’insu des autorités fédérales. C’est la conclusion du dernier rapport annuel de la délégation des commissions de gestion du Parlement, publié vendredi dernier. Le document met en garde contre le fait que la Suisse devient de plus en plus un «point chaud» pour les services de renseignement.
La délégation de contrôle de gestion constate que, ces dernières années, le service de renseignement de la Confédération a de plus en plus souvent recommandé de rejeter les demandes de séjour suspectes. Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) «ne suit toutefois pas ces recommandations dans un nombre important de cas».
La délégation estime qu’il y a «un besoin d’action considérable». L’année dernière, l’organe de surveillance avait déjà signalé des problèmes dans la lutte contre l’espionnage. Depuis, il estime que la collaboration entre les services fédéraux s’est améliorée, mais que les progrès réalisés ne sont pas suffisants.
L’incendie d’un bar à Crans‑Montana, qui a fait 41 morts dans la nuit du Nouvel An, continue de provoquer des tensions politiques entre la Suisse et l’Italie. Dans le canton du Tessin, l’exaspération est particulièrement forte face à ce qui est perçu comme une instrumentalisation politico‑médiatique du drame, rapporte Le Temps.
Le sensationnalisme des médias italiens et la récupération politique de la tragédie passent mal au sud des Alpes. La gestion du drame par les autorités en Suisse a donné lieu à des échanges houleux dans les médias et sur les réseaux sociaux. Le conseiller municipal de Lugano, Filippo Lombardi, s’est notamment violemment pris le bec en direct avec le présentateur d’une émission de la chaîne Rete 4, l’accusant de diffuser des fake news.
Ces derniers jours, le conseiller national tessinois Giorgio Fonio a déposé une plainte pénale contre un journaliste italien qui lui avait écrit sur Facebook: «Vous êtes honteux, complices de meurtriers». Le PLR tessinois Alex Farinelli raconte, pour sa part, que deux journalistes italiens ont campé à côté de chez ses parents, en l’attendant pour le prendre en photo et lui poser des questions.
L’UDC Piero Marchesi a quant à lui décidé de boycotter les émissions italiennes, qu’il accuse de «faire du spectacle et de provoquer le conflit». À ses yeux, cela tient à la culture médiatique italienne, où tous les thèmes sont traités de cette manière. Il se dit toutefois préoccupé par l’instrumentalisation politique: «Giorgia Meloni a compris que le peuple était sensible à ce drame et elle chevauche cette vague pour recueillir du soutien politique.»
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