Aujourd’hui en Suisse
Chères lectrices, chers lecteurs,
Paraskevidékatriaphobie. Moi aussi, j’ai dû lire ce mot trois fois, et je le prononce probablement encore de travers. Ce terme grec issu de la psychothérapie désigne la peur du vendredi 13. Pourtant, le nombre 13 ne porte pas malheur partout: au Japon, il est même considéré comme un chiffre porte-bonheur.
Pas de chance toutefois – ou faut-il en imputer la cause aux réglementations? – pour l’investisseur égyptien Samih Sawiris. Son projet de complexe hôtelier au bord du lac des Quatre-Cantons contrevient aux règles de protection de la nature et des monuments.
Bonne lecture!
Baie, bungalows et places d’amarrage: ce qui peut faire immédiatement naître des rêves de mer et de palmiers est, en réalité, un projet en Suisse centrale. Mais le dossier se heurte à des obstacles.
Si cela ne tenait qu’au milliardaire égyptien Samih Sawiris, un complexe hôtelier incluant un port de plaisance serait construit sur la presqu’île d’Isleten, où l’on produisait autrefois des explosifs. Serait, car rien n’est encore acquis. L’Office fédéral du développement territorial ainsi que les Commissions fédérales pour la protection de la nature et du paysage et pour les monuments historiques sont arrivés à la conclusion que le projet touristique prévu au bord du lac des Quatre-Cantons contrevient à la protection de la nature et du patrimoine.
Selon le gouvernement du canton d’Uri, la mise en œuvre du projet de marina nécessiterait notamment une réduction de la «densité bâtie», des tracés routiers alternatifs, la renonciation au port à bateaux du côté terrestre ainsi que des nouvelles constructions conformes aux exigences de la protection des monuments. Pour Isidor Baumann, chef de projet chez IsenAG, l’entreprise chargée de réaliser le projet, la porte n’est pas encore fermée: «Nous allons tenter de trouver une voie dans le respect des instances responsables. Abandonner n’est pas une option.»
Les critiques du projet, notamment les Verts du canton d’Uri, se voient confortés par le rapport de la Confédération. La suite reste toutefois ouverte. Lors d’une visite prévue au printemps en Uri, à laquelle le conseiller fédéral Albert Rösti souhaite participer, des solutions doivent être discutées sur place.
Des micropolluants contenant des métaux de la famille des terres rares ont été détectés dans les eaux zurichoises. Ils proviennent principalement du gadolinium, un agent de contraste utilisé en médecine pour obtenir des images IRM de haute précision.
En collaboration avec le Centre écotoxicologique, des chercheurs de l’institut de recherche sur l’eau Eawag ont étudié pendant deux ans les rejets des stations d’épuration ainsi que les cours d’eau du canton de Zurich. Ils ont trouvé du gadolinium dans des concentrations jusqu’à mille fois supérieures à son niveau naturel dans l’eau – en particulier à la sortie des stations d’épuration.
Après avoir été administré aux patients comme agent de contraste pour les IRM, le gadolinium est éliminé par le corps via l’urine. En passant par les toilettes puis par la station d’épuration, il finit ainsi par rejoindre le cycle des eaux. On ignore encore si les fortes concentrations mesurées dans l’eau sont nocives. «On sait encore très peu de choses sur l’écotoxicité de ces terres rares», explique le chercheur Ralf Kägi, de l’Eawag.
Des pistes existent toutefois pour éviter que le gadolinium n’atteigne les milieux aquatiques: en collaboration avec un hôpital, un projet pilote doit prochainement démarrer. Il prévoit l’utilisation de sacs à urine pour les patients après un examen. Ces sacs peuvent ensuite être éliminés simplement avec les ordures ménagères, ce qui permettrait de réduire de 50 à 60% la présence de gadolinium dans l’eau.
Des scènes empreintes d’une grande tension se sont déroulées jeudi matin à Sion, lors des auditions menées dans le cadre de l’incendie tragique de Crans-Montana. Ce nouvel épisode alimente une nouvelle fois les critiques envers la justice valaisanne.
Lorsque le couple propriétaire du bar «Le Constellation» est arrivé pour une nouvelle audition, il a été pris à partie par des proches des victimes. Jessiqua et Jacques Moretti ont été traités à plusieurs reprises de «meurtriers». On a notamment pu entendre des paroles comme: «Vous avez tué mon fils. Vous avez tué mon frère. Où est mon fils? Vous êtes des monstres. Comment pouvez‑vous manger et dormir?»
La police cantonale valaisanne a indiqué qu’elle «adapterait ses mesures» pour éviter que de telles scènes surviennent à nouveau. Cela n’a pas empêché des critiques sévères, ce vendredi dans les médias suisses. Par exemple, dans un commentaire, Watson estime que «la justice valaisanne a failli». Et le média d’enfoncer le clou: «Dans un État de droit, jamais une telle confrontation physique ne devrait avoir lieu. Non que le canton du Valais ne respecte pas l’État droit, mais il n’a visiblement pas les moyens de le garantir pleinement.»
Les médias abordent également l’état de l’enquête sur la tragédie: d’une part, deux avocats valaisans ont déposé, en plus de la plainte contre Jacques et Jessica Moretti, une plainte pénale visant le président de la commune, Nicolas Féraud. D’autre part, 20minutes cite des médias italiens qui évoquent un «témoin déterminant» dans la procédure. Il s’agirait du fournisseur du matériel utilisé pour la rénovation du bar, qui reproche à Jacques Moretti, dans un courriel, d’avoir refusé un matériau ignifuge pour des raisons de coûts.
Cette semaine, le président américain Donald Trump a répété dans une interview accordée à Fox News ce qu’il avait déjà déclaré lors du Forum économique mondial à Davos au sujet des droits de douane contre la Suisse: selon lui, il ne les avait initialement augmentés que parce que l’ancienne présidente de la Confédération, Karin Keller‑Sutter, l’agaçait. Ces propos pourraient désormais se retourner contre lui.
Donald Trump a toujours justifié les droits punitifs en affirmant que les déficits commerciaux représentaient un risque pour la sécurité nationale et créaient ainsi une situation d’urgence. Mais, comme l’écrit le Blick, le président américain sape désormais sa propre argumentation juridique avec son histoire liée à Karine Keller‑Sutter. Après tout, il admet avoir relevé les droits de douane uniquement parce que la «Première ministre» lui avait tapé sur les nerfs.
Selon plusieurs médias américains, cette affaire avec la présidente de la Confédération pourrait servir d’argument à la Cour suprême pour déclarer illégaux les droits de douane de Donald Trump, voire pour déclencher des procédures pour «abus de compétence».
Texte traduit de l’allemand à l’aide de l’IA/op
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