Aujourd’hui en Suisse
Chères lectrices, chers lecteurs,
Une décision prise à Washington, de l'eau qui fuit alors que la sécheresse persiste, des prix des carburants sous pression ou un moustique qui gagne du terrain: les sujets de préoccupation ne manquent pas dans l'actualité suisse de ce vendredi. Tour d'horizon.
Bonne lecture!
Les tensions commerciales entre Berne et Washington continuent de peser sur l’économie suisse. Les États-Unis ont annoncé une nouvelle vague de droits de douane visant une soixantaine de pays, dont la Suisse. Les produits helvétiques concernés seront désormais soumis à une surtaxe de 12,5%, un taux supérieur à celui appliqué notamment à l’Union européenne, au Royaume-Uni ou au Canada, qui sont taxés à hauteur de 10%.
Washington justifie cette mesure par sa lutte contre le travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. À l’issue d’une enquête menée ces derniers mois, l’administration américaine estime que plusieurs partenaires commerciaux n’ont pas pris des mesures suffisantes dans ce domaine.
Le Département fédéral de l’économie conteste fermement les reproches formulés par Washington, tandis que les milieux économiques dénoncent une mesure «incompréhensible» et «injustifiée». La Suisse est loin d’être la seule à protester: plusieurs alliés traditionnels des États-Unis, dont le Japon, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, ont également critiqué ces nouvelles surtaxes.
Cette décision rappelle aussi que la Suisse continue de figurer parmi les pays les plus durement touchés par la politique commerciale américaine. Déjà frappée par des droits de douane de 39% dans le cadre de précédentes décisions de Washington, elle se retrouve à nouveau dans le groupe des pays soumis aux prélèvements les plus élevés. Une source d’incertitude supplémentaire pour les entreprises helvétiques, alors que les États-Unis constituent l’un de leurs principaux marchés d’exportation.
Depuis plusieurs semaines, nous l’avons déjà évoqué ici, la sécheresse met les ressources en eau sous pression dans une grande partie de la Suisse. Dans ce contexte, des chiffres relayés par plusieurs médias attirent l’attention: chaque année, l’équivalent d’un lac de barrage hydroélectrique s’échappe du réseau suisse d’eau potable en raison de ruptures de conduites et de fuites. En 2024, ces pertes représentaient près de 12% de l’eau distribuée. Selon la Société suisse de l’industrie du gaz et des eaux, cela correspond à 109 millions de mètres cubes d’eau.
Le tableau reste toutefois moins préoccupant qu’il n’y paraît. En dépit des fuites recensées chaque année, le réseau suisse d’eau potable demeure l’un des plus performants du continent. Long de 97’000 kilomètres, il occupait en 2023 le sixième rang européen en matière de fiabilité. Parmi les pays voisins, seule l’Allemagne faisait mieux, avec un taux de pertes limité à 6%.
La sécheresse persistante a aussi d’autres conséquences. Selon un rapport de l’Office fédéral pour l’approvisionnement économique du pays relayé par la presse, le faible niveau du Rhin pourrait compliquer l’acheminement des carburants vers la Suisse. Un cinquième des importations de pétrole du pays transite par le fleuve.
Lorsque le niveau de l’eau baisse, les bateaux ne peuvent plus naviguer à pleine charge, ce qui augmente les coûts de transport. Selon une estimation du Touring Club Suisse, la situation pourrait se traduire par une hausse d’environ 8,5 centimes du prix de l’essence à la pompe. Après les répercussions du conflit avec l’Iran sur les prix des carburants, les coûts liés à la sécheresse risquent d’alourdir encore la facture du transport routier.
La menace vient de loin, mais elle se rapproche. Les autorités valaisannes ont fait traiter un quartier de Fully à l’insecticide après la découverte d’un cas de dengue chez une personne revenue d’un voyage à l’étranger. L’objectif était d’éviter qu’un moustique tigre local ne pique le malade avant de transmettre le virus à d’autres personnes. Un scénario rare, mais suffisamment sérieux pour déclencher une intervention préventive.
L’affaire illustre une évolution discrète, mais bien réelle. Depuis quelques années, le moustique tigre progresse en Suisse. Déjà solidement implanté au Tessin, il s’est étendu à plusieurs régions de Suisse romande et du Valais. Or cet insecte est capable de transmettre des maladies comme la dengue, le chikungunya ou le virus Zika.
Un signal d’alerte est venu de Bâle. Au printemps, des scientifiques y ont détecté pour la première fois le virus de la dengue dans des moustiques capturés au nord des Alpes. Aucun cas de transmission locale n’a été observé, mais cette découverte a montré que le virus pouvait déjà atteindre des populations de moustiques présentes en Suisse.
Les spécialistes se veulent rassurants: le risque reste faible. Mais avec l’augmentation des voyages internationaux, la progression du moustique tigre et des étés plus chauds, la Suisse se prépare désormais à des menaces sanitaires qui semblaient encore exotiques il y a quelques années.
Le président du gouvernement tessinois Claudio Zali est sous le feu des critiques après la diffusion d’enregistrements audio dans lesquels il tient des propos violents à l’égard d’une femme. Révélés par les médias tessinois, ces extraits ont déclenché une vive polémique bien au-delà du cercle politique.
Dans l’un des enregistrements, dont l’authenticité a été vérifiée par la RSI, le conseiller d’État suggère à une connaissance de «tabasser» une femme avec laquelle elle est en conflit. L’échange remonte à plusieurs années et s’inscrit dans un contexte privé. Sa publication a néanmoins suscité l’indignation des principaux partis du canton, qui exigent des explications publiques.
Cette controverse intervient alors que Claudio Zali est déjà fragilisé par d’autres affaires. Le ministre de la Lega faisait déjà l’objet d’une enquête pénale pour de possibles abus d’autorité. D’autres révélations médiatiques l’accusent également d’être intervenu en faveur d’une proche dans le cadre d’un recrutement au sein du système hospitalier tessinois.
Face à l’accumulation des affaires et d’entente avec ses collègues du gouvernement, il a renoncé provisoirement à la responsabilité de la justice et de la police cantonale. Claudio Zali dénonce par ailleurs une atteinte à sa sphère privée et annonce vouloir porter plainte. Mais au Tessin, cette succession d’affaires soulève désormais des interrogations sur son avenir politique.
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