La semaine en Suisse
Chères et chers Suisses de l’étranger,
Je vous souhaite une excellente Fête nationale! Cette année, le pays souffle ses 735 bougies. Comment comptez-vous marquer l’occasion: allez-vous lever votre verre ou faire griller un cervelas? Si vous vous trouvez en Suisse, vous ne tirerez en tout cas probablement pas de feux d’artifice, car ils sont interdits dans une grande partie du pays en raison du risque d’incendie lié à la sécheresse.
Bonne lecture,
L’une des sécheresses les plus sévères de ces dernières années s’est poursuivie cette semaine en Europe et en Suisse. Face à des épisodes secs de plus en plus intenses, la Suisse doit «réapprendre à gérer ses ressources en eau», prévient une experte.
«La Suisse, dans son ensemble, ne sera pas confrontée à une pénurie d’eau», a déclaré l’hydrologue Bettina Schaefli à la RTS. «Le problème va concerner certaines communes qui manquent d’eau. La question sera de savoir si l’eau se trouve au bon endroit au bon moment. Et cet été, ce n’est pas le cas», a-t-elle ajouté.
La sécheresse va provoquer des conflits d’usage de l’eau, notamment entre les particuliers qui souhaitent remplir leurs piscines ou arroser leurs pelouses, et le secteur agricole. «La sécheresse pèse lourdement sur les agriculteurs suisses, a rapporté jeudi la Neue Zürcher Zeitung (NZZ). Les cultures dépérissent et, dans certaines régions, des vaches doivent être abattues faute de fourrage.»
Depuis samedi dernier, 34 pompiers de Suisse romande prêtent main-forte à leurs collègues français pour lutter contre les incendies qui ont déjà ravagé 42’000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France. Une expérience éprouvante mais précieuse, souligne la RTS, car elle permet aux pompiers d’apprendre à gérer ce type de mégafeux, qui pourraient un jour toucher la Suisse.
«Nous devons nous préparer, car, malheureusement, ce n’est qu’une question de temps avant qu’un incendie hors norme ne se produise dans la végétation et les forêts suisses», a déclaré Nicolas Schumacher, commandant du Service d’incendie et de secours de Genève et chef du contingent romand engagé en France.
Vendredi dernier, les États-Unis ont imposé des droits de douane de 12,5% sur les produits suisses. Les réactions oscillent entre résignation et colère.
«D’abord 39%, puis 15%, maintenant 12,5%: les droits de douane américains sur les produits suisses ont changé à plusieurs reprises ces derniers mois», a rappelé lundi la SRF. Et de poser la question suivante: «La Suisse doit-elle accepter ces nouveaux tarifs ou le Conseil fédéral doit-il poursuivre les négociations?»
Côté politique, les réactions sont contrastées. Le conseiller national UDC Roland Rino Büchel se dit globalement satisfait de la situation actuelle, même s’il réclame un accord. «Le taux de 12,5% est acceptable, a-t-il dit à la SRF. Ce n’est pas idéal, c’est évident. Mais nous devons continuer à travailler pour parvenir à quelque chose de réellement contraignant.»
Conseillère nationale du Centre, Elisabeth Schneider-Schneiter plaide pour la poursuite des discussions, rappelant que l’Union européenne a obtenu un taux de 10%. «L’UE est notre principal partenaire commercial. Je pense que nous devons continuer à essayer d’obtenir le taux de 10%. Cela nous placerait sur un pied d’égalité avec elle. C’est important pour nos entreprises», a-t-elle souligné.
Le conseiller national écologiste Gerhard Andrey se montre beaucoup plus critique. Il remet en question non seulement le résultat, mais aussi l’approche du gouvernement. «Le Conseil fédéral doit reconnaître qu’on ne peut pas se fier à ce qui est négocié avec les États-Unis. Nous en avons fait l’expérience. Il doit également élaborer un projet qui puisse être soumis au Parlement et au peuple, au lieu de contourner la démocratie comme il le fait en négociant par petits morceaux au niveau des ordonnances.»
Ces nouveaux droits de douane, appliqués à une soixantaine de pays, sont le résultat d’une analyse américaine visant à déterminer si les partenaires commerciaux des États-Unis ont éliminé le travail forcé de leurs chaînes d’approvisionnement.
Selon l’ONG Public Eye, la Suisse accuse effectivement un retard en matière de réglementation contre le travail forcé et le problème doit être traité, mais pas sous la pression de Donald Trump. «Il est incroyablement cynique qu’un gouvernement qui piétine les droits humains à travers le monde utilise aujourd’hui le travail forcé comme prétexte pour instaurer de nouveaux droits de douane», a déclaré David Hachfeld, spécialiste des chaînes d’approvisionnement chez Public Eye, au magazine économique Bilanz.
La Coupe du monde est terminée depuis deux semaines, mais la FIFA, l’instance mondiale du football basée à Zurich, et son très controversé président Gianni Infantino ont continué à faire les gros titres cette semaine.
Lundi, Gianni Infantino, citoyen suisse comme son prédécesseur Sepp Blatter, s’est adressé à ses détracteurs sur les réseaux sociaux, les invitant à «méditer, prier ou regarder un match de football» plutôt que de «propager la haine et de fausses rumeurs» au sujet de sa gestion de la FIFA et de la Coupe du monde.
Le lendemain, il a annoncé que la FIFA prévoyait de créer une filiale dotée d’une valorisation de 20 milliards de dollars (16,25 milliards de francs suisses) afin de gérer la Coupe du monde et ses autres compétitions, et d’en céder jusqu’à 20% à des investisseurs extérieurs.
Cette annonce a suscité de vives réactions dans le monde entier, notamment de l’UEFA, l’instance européenne du football également basée en Suisse, qui a accusé la FIFA de mettre «l’âme» du football en vente. Selon certaines informations, l’UEFA envisagerait même un boycott de la Coupe du monde.
Cette semaine, l’International Football Association Board (IFAB) a confirmé que l’attaquant suisse Breel Embolo n’aurait pas dû être expulsé lors du quart de finale de la Coupe du monde contre l’Argentine, remuant le couteau dans la plaie des supporters après l’élimination de la Nati.
L’instance zurichoise a indiqué lundi que la VAR (assistance vidéo à l’arbitrage) ne pouvait actuellement pas intervenir de la sorte dans le cas d’un carton jaune attribué à tort. À la 72e minute, l’Argentin Leandro Paredes avait initialement reçu un carton jaune pour une faute sur Breel Embolo.
Considérant que ce dernier avait simulé de manière évidente, la VAR est intervenue sur la base de la règle dite de «l’erreur sur l’identité», ce qui a conduit à retirer le carton de Paredes pour l’attribuer à Embolo, déjà averti auparavant. Réduite à dix joueurs, la Suisse a résisté jusqu’aux prolongations avant de s’incliner 3 à 1.
Ajoutant à la confusion, la FIFA a déclaré ne pas partager l’interprétation de l’IFAB, estimant que cette règle avait été appliquée de manière cohérente tout au long du tournoi.
La semaine à venir
Swiss International Air Lines (SWISS) publiera la semaine prochaine ses résultats pour le premier semestre 2026. Nous écrivions récemment que les voyages en avion depuis la Suisse coûtent 70% de plus qu’il y a cinq ans: cette hausse aura-t-elle découragé les voyageurs? Réponse mardi.
Mercredi s’ouvrira le Festival du film de Locarno. Dix-sept films venus du monde entier seront en compétition pour le Pardo d’Oro, le Léopard d’or.
La 33e Street Parade de Zurich, la plus grande parade mondiale dédiée à la musique électronique et techno, aura quant à elle lieu le samedi 8 août, de 13 heures à minuit.
Texte traduit de l’anglais par Dorian Burkhalter
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