Aujourd’hui en Suisse
Chères Suissesses, chers Suisses de l'étranger,
Si l’on n'a rien de pertinent à dire, mieux vaut s'en tenir à commenter la météo. J'étais adolescente la première fois que j'ai entendu cette phrase dans l'adaptation cinématographique d'un roman de Jane Austen, et elle me poursuit à chaque fois que j'ai une remarque à faire sur le temps qu'il fait.
Pourtant, la revue de presse de ce lundi tourne principalement autour de la météo. L'été caniculaire qui fait actuellement transpirer l'Europe, et donc la Suisse, est source de tensions dans le monde politique.
Bonne lecture!
La chaleur estivale se fait toujours fortement sentir en Suisse. Comment cela va-t-il se répercuter sur la politique, et plus concrètement sur l’année électorale 2027?
Il y a huit ans, lorsque les élections fédérales avaient succédé à un été caniculaire, les Vert-e-s et les Vert’libéraux avaient remporté un nombre historique de sièges. Le politologue Michael Hermann estime que les écologistes voudront encore s’approprier le sujet lors des prochaines élections, car il s’agit de «leur thème politique central».
«Les autres partis le savent: si l’on parle davantage du changement climatique, cela tend à favoriser les partis écologistes et non eux», explique-t-il à la SRF. Par exemple l’UDC, dont la base rurale est fortement touchée par la vague de chaleur, préfère parler de sujets avec lesquels elle peut elle-même remporter des élections.
Selon le politologue, l’été caniculaire 2026 aura probablement un impact sur les élections fédérales de l’année prochaine. La situation de départ est toutefois différente de celle d’il y a huit ans, les deux partis écologistes étant sur la défensive. «Il y a beaucoup d’autres thèmes qui leur font concurrence. Et la question du changement climatique n’est plus aussi fraîche qu’en 2019, année où nous l’avions abordée sous un angle totalement nouveau», indique Michael Hermann.
La combinaison canicule et politique ne fait pas seulement la une dans la perspective de l’année électorale 2027. Comme l’a révélé la NZZ am Sonntag, le ministre de l’Environnement Albert Rösti (UDC) a supprimé de la planification financière des années à venir les fonds destinés à un reboisement des forêts suisses adapté au climat. Le Conseil national et le Conseil des États s’étaient pourtant prononcés à plusieurs reprises ces dernières années en faveur de fonds supplémentaires. Le dossier n’est toutefois pas encore clos, car le Parlement se penchera à nouveau sur les fonds alloués aux forêts lors du débat budgétaire en décembre.
Depuis plus d’une semaine, des pompiers romands soutiennent les opérations d’extinction de feu en Gironde. Le groupe a désormais été relayé par une nouvelle équipe issue des cantons romands de Genève, de Vaud et de Neuchâtel.
La semaine a été éprouvante, avec seulement quelques heures de sommeil par jour, confie Nicolas Schumacher, commandant des pompiers genevois, à la RTS. Il décrit ainsi le sentiment qu’avait son équipe lors des premiers jours d’intervention: «Nous étions face à une véritable tempête de feu. […] Pendant que l’on lutte contre une partie du sinistre, il suffit de se retourner pour voir que la forêt est déjà en flammes 400 mètres plus loin.»
Sur place, la nouvelle équipe romande lutte désormais contre les flammes aux côtés des pompiers français et l’intervention va probablement encore se prolonger.
La Suisse a heureusement été épargnée par les incendies jusqu’à présent. Pourtant, une image montrant les conséquences de l’été caniculaire chez nous fait le tour de la presse internationale: celle du lac des Brenets asséché. Le niveau de cette retenue naturelle entre la France et le canton de Neuchâtel se situe actuellement à plus de neuf mètres en dessous de la moyenne, et les bateaux y reposent sur une boue craquelée. Ces images suscitent la stupéfaction aussi bien aux États-Unis qu’à Singapour.
Ce n’est néanmoins pas la première fois que le niveau du lac baisse de manière drastique en raison d’une période de sécheresse. Les bateaux s’étaient déjà retrouvés au sec en 2018 ou en 2022.
Gianni Infantino, patron de la Fifa et homme le plus puissant du football mondial, ne s’imaginait probablement pas ainsi les semaines suivant la Coupe du monde. Le Suisse est sous une pression immense après l’échec de son projet d’y intégrer des investisseurs privés.
«Je ne pense pas que nous ayons jamais assisté à une chute aussi rapide d’un dirigeant sportif», a déclaré Michael Payne, ancien directeur du marketing du Comité international olympique, à l’AFP. Les critiques à l’encontre de Gianni Infantino se font de plus en plus vives.
«Nous ne pouvons plus continuer ainsi avec des projets secrets, menés au pas de charge, concoctés par des acteurs anonymes et n’apportant qu’un bénéfice douteux au football»: après les propos très clairs de l’Union européenne de football (UEFA) dans une prise de position, le Pays de Galles est aujourd’hui la première fédération nationale à retirer publiquement son soutien à la réélection visée par Gianni Infantino à la présidence de la Fifa l’année prochaine.
Il n’y a pas encore de candidat officiel déclaré pour lui faire face, mais des ambitions sont notamment prêtées à Victor Montagliani, président de la Concacaf, la confédération d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes. Outre l’élection de l’année prochaine, d’autres options pourraient mener à la chute du président de la Fifa: une demande de démission de la part du Conseil de la Fifa ou une motion de censure de la part du Congrès de la Fifa.
Les jours et semaines à venir diront si l’homme le plus puissant du football mondial parviendra à se maintenir sur son trône. «Malgré toutes les oppositions, il semble encore peu probable qu’Infantino abandonne de lui-même sa position au pouvoir», analyse la SRF.
Ce n’est pas en raison des températures élevées, mais plutôt à cause d’un différend avec l’Italie et d’un manque de soutien de la Berne fédérale que le gouvernement cantonal tessinois a vu rouge dernièrement.
Le canton du Tessin a décidé de bloquer 46% des recettes de l’impôt à la source qu’il perçoit d’une partie des frontaliers italiens et qu’il reverse à la région de Lombardie. Ce gel des versements s’élève au total à environ 50 millions de francs. Un déblocage n’est prévu que lorsque la Lombardie renoncera de son côté à introduire une taxe supplémentaire prévue pour une partie des frontaliers actifs au Tessin.
Il s’agit de la «taxe de santé», dont le gouvernement de Giorgia Meloni a créé la base légale en 2023. Les régions frontalières, d’où de nombreux professionnels de santé italiens font la navette vers les pays voisins, doivent utiliser ces recettes pour améliorer les conditions de travail dans leurs propres établissements de santé. La Lombardie prévoit de prélever cette contribution dès l’automne 2026 ou le début de l’année 2027.
Pour le gouvernement tessinois, cette taxe viole les dispositions de la convention de double imposition entre la Suisse et l’Italie. Le Conseil fédéral n’y voit pour sa part aucun problème, ce qui alimente le mécontentement du Tessin à l’égard de Berne. «Face à cette attitude du Conseil fédéral, qui se montre réservé vis-à-vis de l’Italie et cherche à éviter la confrontation pour défendre les intérêts tessinois, de vieilles lignes de fracture se sont rouvertes», explique le politologue Oscar Mazzoleni aux journaux de CH Media.
Des discussions techniques devraient permettre de régler le différend sur la taxe de santé, comme l’ont annoncé fin juin la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter et son homologue italien Giancarlo Giorgetti. À Bellinzone, on se dit prêt au dialogue. Aucune invitation formelle pour une réunion commune n’a toutefois encore été reçue.
Texte original en allemand traduit en français par Emilie Ridard.
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