La semaine en Suisse
Chères lectrices, chers lecteurs,
On a beaucoup parlé de météo et de retour du printemps en Suisse au cours de la semaine écoulée. Les températures sont en effet en forte hausse. Le mercure a franchi pour la première fois de l’année la barre des 20 °C mardi – soit trois semaines plus tôt que la moyenne.
Coup de chaud aussi pour certaines entreprises suisses après la décision de la Cour suprême des États‑Unis d’annuler le régime de droits de douane instauré sous Donald Trump. Elles estiment qu’il est temps d’obtenir des réparations.
Bonne lecture!
Sans surprise, les entreprises et les médias suisses ont salué la décision rendue le 20 février par la Cour suprême des États-Unis d’annuler les droits de douane imposés par le président Donald Trump. Mais la situation est loin d’être entièrement clarifiée: les entreprises étrangères seront-elles remboursées des surtaxes? Et quelle position le gouvernement suisse doit-il adopter désormais?
«Ridicule, mal rédigé et extraordinairement anti-américain»: la réaction de Donald Trump à l’arrêt de la Cour suprême n’a surpris personne. En revanche, peu avaient anticipé son prochain geste: la signature d’un nouveau décret introduisant une taxe douanière globale de 10% – avec dès le lendemain une menace de les faire passer à 15%. Cette nouvelle mesure est entrée en vigueur mardi et remplacera les droits de douane existants pour une période de 150 jours.
Les autorités suisses ont réagi avec prudence à la décision de la Cour suprême. Le gouvernement s’est contenté d’indiquer qu’il en «prenait note», sans plus de commentaires. Puis, mercredi, il a rappelé que «l’objectif principal des négociations entre la Suisse et les États-Unis demeure inchangé». Berne tente de parvenir à un accord avec Washington afin de garantir le maintien du taux de 15% appliqué depuis novembre. La Suisse avait auparavant réussi à obtenir cette réduction temporaire par rapport au taux de 39% que Donald Trump souhaitait initialement imposer.
Certaines entreprises suisses, en revanche, ne partagent pas la prudence des autorités et réclament le remboursement des surtaxes douanières dont elles ont fait les frais. Stöckli (ski), Logitech (informatique) et CL International (articles de luxe) ont déjà entrepris des démarches, tandis que d’autres, comme Breitling (horlogerie) et Läderach (chocolat), ont annoncé leur intention de demander un remboursement. En théorie, l’administration Trump pourrait être contrainte de restituer quelque 175 milliards de dollars (135 milliards de francs) de recettes douanières. Mais la procédure s’annonce longue et complexe.
Un éditorial du quotidien zurichois Tages-Anzeiger y voit «un signe d’espoir» pour les États-Unis, en référence à l’arrêt de la Cour suprême. «Pour tous les pays qui étaient prêts à conclure des accords moyennant de larges concessions, ce jugement devrait servir de leçon. L’État de droit se défend aussi en croyant en lui. Si les pays – la Suisse comprise – avaient fait front commun face à la politique douanière discutable de Trump et avaient engagé une démarche juridique plutôt que de négocier chacun de leur côté, ils seraient aujourd’hui du bon côté.»
Publié mercredi, le dernier sondage de la SSR en vue des votations fédérales du 8 mars révèle que 54% des personnes interrogées s’opposent à l’initiative visant à réduire la redevance radio-TV de la SSR de 335 francs à 200 francs. Le camp du non a ainsi gagné deux points de pourcentage en un peu moins d’un mois.
Les Suisses de l’étranger rejettent l’initiative à 58% et se montrent ainsi plus clairement opposés à une réduction de la redevance, alors même qu’ils n’ont pas à la payer. En revanche, faisant partie de la SSR, Swissinfo, le média spécialement destiné à la Cinquième Suisse, serait directement concerné pour les conséquences d’une baisse de la redevance.
Et voici encore les tendances pour les autres objets soumis au vote le 8 mars: le soutien à une imposition des couples mariés est en forte baisse (52 d’avis favorables parmi l’ensemble des Suisses / 60% parmi les Suisses de l’étranger); l’initiative demandant le maintien de l’argent liquide reste plébiscitée (61% / 65%); l’initiative demandant l’instauration d’un fonds pour la préservation du climat peine encore et toujours à convaincre (31% / 39%).
À la suite de l’incendie survenu dans une boîte de nuit de Crans-Montana lors de la nuit du Nouvel An, qui a coûté la vie à 41 personnes, le gouvernement suisse a annoncé que, «compte tenu de la situation exceptionnelle», une contribution de solidarité unique de 50’000 francs serait versée à chaque famille d’une personne décédée ou hospitalisée.
Selon le Conseil fédéral, cette contribution – sur laquelle le Parlement se prononcera en mars – vise à offrir un soutien rapide et dénué de lourdeurs administratives, à aider les personnes touchées à surmonter des difficultés financières immédiates et à leur apporter un soulagement à court terme. Ce versement s’ajoutera à l’aide d’urgence fournie par le canton du Valais.
Le gouvernement a par ailleurs annoncé qu’il mettrait à disposition un financement pouvant aller jusqu’à 20 millions de francs et qu’il organiserait également une table ronde avec les personnes et institutions concernées, afin de parvenir à un règlement extrajudiciaire «qui pourrait épargner aux victimes et à leurs proches de longues procédures judiciaires assorties de nombreuses incertitudes». Il prévoit en outre de soutenir les cantons à hauteur de 8,5 millions de francs pour l’aide aux victimes.
Selon le Tages-Anzeiger, la décision du gouvernement est «juste – et nécessaire». «Au fond, il ne s’agit pas d’abord d’argent, mais d’un signal à envoyer. De nombreuses victimes viennent de l’étranger et de nombreuses familles attendent encore des réponses. Il faudra encore du temps pour que les blessures guérissent. Avec cette contribution de solidarité, la Suisse dit: ‘Nous sommes à vos côtés. Nous ne vous abandonnons pas.’ Aucun montant au monde ne peut apaiser la douleur émotionnelle. Mais il peut exprimer du respect», commente le quotidien zurichois.
Le printemps semble avoir fait son grand retour en Suisse au cours de la semaine écoulée. Une évolution qui ravit les amateurs de terrasses, mais beaucoup moins les remontées mécaniques. Mais quoi que l’on puisse penser du retour des beaux jours, un constat s’impose: il est prématuré pour un mois de février.
Le mercure a atteint 20 °C en Suisse pour la première fois de l’année mardi – soit trois semaines plus tôt que la moyenne. Les températures ont dépassé la barre des 20 °C à la station de mesure de Cevio, dans le canton du Tessin, a indiqué MétéoSuisse.
Entre 1991 et 2020, ce seuil n’était en moyenne franchi au sud des Alpes qu’à partir du 15 mars. Mais le «premier 20 °C» peut varier fortement: en 2013, ce niveau avait déjà été dépassé le 4 janvier sur le versant sud des Alpes, tandis qu’en 1941 la station de Locarno-Monti n’avait atteint 20 °C que le 21 mai.
Mais cette situation ne signifie pas pour autant que l’hiver est terminé. Les météorologues interrogés par différents médias avertissent qu’un retour de températures plus froides et même de la neige reste tout à fait possible.
La semaine à venir
Dans les vallées des Grisons, le 1er mars – Chalandamarz – rime avec beaucoup de bruit. Les écoliers parcourent les villages avec des cloches et des fouets, coiffés de bonnets rouges pointus et vêtus de blouses bleues, tout en chantant des airs de printemps.
Lundi, le surveillant des prix Stefan Meierhans tiendra sa conférence de presse annuelle. Il y présentera les principaux sujets de plaintes déposées l’an dernier et donnera un aperçu des enjeux pour 2026.
Mercredi, l’Académie suisse des sciences (SCNAT) présentera la stratégie de la Suisse en matière de recherche et de technologies quantiques.
Le Festival international du film et forum sur les droits humains s’ouvre vendredi à Genève. Il se déroulera jusqu’au 15 mars.
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