Climat européen en 2050: canicules, régime sec et inondations
(Keystone-ATS) Paris – L’Europe aurait tort de se croire à l’abri du changement climatique. Même si elle est mieux armée que d’autres régions pour y faire face, elle se réchauffe plus vite que la moyenne mondiale. Les Alpes vont particulièrement souffrir du réchauffement.
«Pour un réchauffement mondial de 0,8 degrés en un siècle, l’Europe a gagné 1,1 degrés avec des différences régionales jusqu’à +6 degrés en Arctique», insiste Jacqueline McGlade, directrice de l’Agence européenne de l’environnement (AEE).
Les Alpes, «château d’eau de l’Europe» – 40% de l’eau douce en provient – se réchauffent près de deux fois plus vite que la moyenne mondiale (+1,48 degrés en un siècle). Avec 2 degrés de plus, un tiers des stations de ski seront condamnées.
La canicule de 2003 (70’000 morts), pourrait n’être qu’un avant-goût des étés à venir, insistent les scientifiques. La canicule pourrait être au programme un été sur deux d’ici la fin du siècle.
Les perspectives pour 2050, passées au crible par l’AEE dans un rapport, laissent entrevoir une Europe coupée en deux, avec un sud-méditerranéen déshydraté, en voie de désertification par endroit, et le nord, soumis à des précipitations accrues en hiver, fréquemment noyé sous les inondations.
L’eau sera un motif de préoccupation pour tous. Neuf pays sont déjà considérés comme souffrant de stress hydrique: Chypre, l’Espagne ou l’Italie, mais aussi la Belgique, la Bulgarie et le Royaume-Uni (Angleterre et Pays de Galles).
Autre motif de préoccupation, la montée du niveau des océans qui pourrait atteindre 0,70 à 1 m alors que sur le pourtour méditerranéen, la moitié de la population vit sur les côtes.