La Suisse se bat contre les gaz à effet de serre
Coup d'envoi, au Maroc, d'une nouvelle conférence sur le climat. 180 pays vont tenter de finaliser un accord permettant la ratification du Protocole de Kyoto.
Moritz Leuenberger plaidera en faveur d’un accord contraignant lors de son intervention, la semaine prochaine, à Marrakech. En effet, le ministre suisse en charge de l’Environnement, de l’Energie et des Transports veut une baisse effective des émissions de gaz à effet de serre.
Une volonté politique claire dont Philippe Roch souligne l’importance. «On a un peu l’impression que certains pays essayent d’assouplir au maximum les contraintes voulues par le Protocole de Kyoto», explique le responsable de l’Office fédéral de l’environnement.
Un compromis laborieux
Le Japon, la Russie, le Canada et l’Australie cherchent, en effet, à obtenir une prise en compte la plus large possible des puits de carbone. C’est-à-dire le captage du CO2 par la nature.
Ces pays veulent également pouvoir jouer sur les mécanismes de flexibilité. En clair, ils aimeraient bien pouvoir financer à l’étranger des projets qui favorisent la réduction des gaz à effet de serre et qui permettent au bailleur de comptabiliser ces financements comme contribution à la réduction des gaz à effet de serre.
Ces exigences risquent d’affaiblir le Protocole de Kyoto et ses modalités d’application qui sont déjà le fruit d’un laborieux compromis. Et qui visent à une réduction globale de 5,2 % des gaz à effet de serre émis par les pays industrialisés en 1990.
Une décision regrettable
Bien que relativement modeste, cet objectif – qui devrait être atteint avant 2010 – est considéré comme inacceptable par les Etats-Unis, qui produisent pourtant 36% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. D’ailleurs, en mars, le président George W. Bush a décidé unilatéralement de se retirer du processus de ratification du Protocole de Kyoto.
«La décision américaine est regrettable, remarque Philippe Roch. Mais les Etats-Unis continuent d’affirmer qu’ils veulent lutter contre le réchauffement de la planète. Et qu’ils ne s’opposeront pas à la ratification du Protocole de Kyoto.»
Quoi qu’il en soit, le protocole ne peut entrer en vigueur que s’il est ratifié par des pays industrialisés totalisant au moins 55 % des émissions mondiales au niveau atteint en 1990.
L’engagement de la Suisse
«Un échec est toujours possible, estime Philippe Roch. Mais les précédentes conférences ont permis d’avancer sur de nombreux chapitres. On peut donc espérer un succès à Marrakech.»
La Suisse a d’ailleurs beaucoup fait pour que ces négociations aboutissent. «Nous avons formé un groupe de pays avec le Mexique, la Corée, le Liechtenstein et Monaco, rappelle le responsable de l’Office fédéral de l’environnement. Et nombre de propositions lancées par ce groupe ont été acceptées par les autres délégations.»
Frédéric Burnand
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