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Croissance surprise de l’économie helvétique au deuxième trimestre

Keystone-SDA

La croissance du produit intérieur brut (PIB) de la Suisse entre avril et juin, dévoilée vendredi par le Seco, a nettement dépassé les attentes des experts. Ces derniers se montrent toutefois prudents pour la suite, estimant la poursuite d'un tel rythme peu probable.

(Keystone-ATS) Au deuxième trimestre, le produit intérieur brut (PIB) de la Suisse a augmenté de 1,5% par rapport au partiel précédent, selon les premières estimations du Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) publiées vendredi.

Le secteur industriel a largement contribué à la croissance, portée notamment par la chimie et la pharmacie. Le domaine des services a également progressé. Des chiffres plus détaillés seront publiés le 3 septembre.

La croissance de l’économie helvétique dépasse largement les prévisions des économistes interrogés par l’agence AWP. Ces derniers tablaient sur une évolution du PIB comprise entre +0,2% et +0,4% au deuxième trimestre par rapport au précédent.

«Cela représente une sorte de correction après les trimestres faibles de l’année dernière. Globalement, on observe un effet de rattrapage», ont commenté Felicitas Kemeny, cheffe du secteur Conjoncture à la Direction de la politique économique du Seco, et Philipp Wegmüller, chef suppléant du secteur Conjoncture, contactés par AWP.

Les 1,5% de croissance annoncés ont surpris l’institut BAK Economics. «Nous anticipions une accélération au deuxième trimestre, mais pas à l’ampleur indiquée», a réagi l’économiste Alexis Bill-Körber, interrogé par AWP. Dans la perspective de l’ensemble de l’année 2026, cette évolution est très positive, selon lui.

L’expert explique la forte progression du PIB par certains facteurs positifs, comme l’apaisement du conflit douanier avec les Etats-Unis, malgré le contexte géopolitique tendu. «A cela s’ajoute une très forte volatilité dans la pharma et dans le commerce des matières premières. Celle-ci est malheureusement toujours propice aux surprises, aussi bonnes que mauvaises», a souligné M. Bill-Körber.

L’économiste du BAK ne prévoit pas d’autres effets de rattrapage. «La forte progression observée dans certains secteurs pourrait même déclencher une correction», a-t-il estimé.

L’institut bâlois reste néanmoins prudent sur les perspectives. «Si l’estimation du Seco est confirmée, nous devrons relever sensiblement notre prévision de PIB pour 2026. La croissance devrait alors se situer plutôt autour de 1,5% que de 1%», a estimé M. Bill-Körber.

Pas une situation durable

De son côté, la Banque Migros relève que la croissance conjoncturelle supérieure aux prévisions témoigne «de la remarquable résilience de l’économie face à la hausse des prix de l’énergie, aux incertitudes commerciales et à un contexte international difficile».

«Cette dynamique a probablement été portée par la vigueur du secteur des services, la solidité persistante de la demande intérieure et la compétitivité du secteur des exportations», a expliqué dans un commentaire Santosh Brivio, économiste à la banque du géant orange.

Pour l’expert cependant, si le chiffre publié est un signal clairement positif, il ne présage pas d’une situation durable. «La fragilité de l’économie mondiale, les conflits commerciaux et le risque d’une nouvelle appréciation du franc militent contre la poursuite de ce rythme», a-t-il averti.

La Banque Migros table sur une croissance du PIB de 0,1% au troisième trimestre et de 0,3% au quatrième partiel. «Cela devrait permettre à l’économie suisse d’atteindre un taux de croissance annuel robuste de 1,7% en 2026. Pour 2027, nous tablons sur une croissance de 1,9%», a anticipé M. Brivio.

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