La voix de la Suisse dans le monde depuis 1935
Les meilleures histoires
Démocratie suisse
Les meilleures histoires
Restez en contact avec la Suisse

Anne et Patrick Poirier et l’obsession des ruines

Le couple d´artistes français présente à Lausanne une exposition qui regroupe des pièces datées des différentes périodes d´une carrière longue de trente ans. Reconstitution fictive de villes du passé, de mythes, de corps qui n´existent plus.

Des vitrines créées dans les années soixante-dix et quatre-vingt, où le fragile dialogue avec le fragile, une coupe en verre, parfois brisée, avec le moulage en papier d’un pied, d’un sexe ou d’un visage de statue antique, aux grandes photographies couleurs récentes qui révèlent «l’ombre de Gradiva», l’exposition de l’œuvre d’Anne et Patrick Poirier à Lausanne traite les notions d’histoire, de mythologie, de ruines et de vanité. Présents à l’occasion du vernissage, les artistes français, nés tous deux en 1942, expliquent le rôle des ruines dans leur démarche.

«Il s’agit de ce qui reste, et qui intrigue, après que la vie a passé. Mais notre travail n’est pas morbide ni même mélancolique; ou plutôt il est à la fois très optimiste et très pessimiste. Ce que nous voulons suggérer, c’est que tout persiste, que nous faisons partie d’une chaîne de la vie, que rien n’est isolé. Le motif des ruines est peut-être un souvenir de notre enfance: nous sommes nés durant la guerre, dans l’Europe en ruines».

Les pièces présentées à la galerie Alice Pauli peuvent paraître hétéroclites, elles attestent une préoccupation constante liée au souvenir, à la poursuite d’une ombre qui renvoie aussi bien au personnage d’Orphée, héros d’une belle et lente vidéo, qu’à celui de Gradiva créé par Jensen et repris par Freud. Faisant «comme si», les Poirier interprètent l’histoire à l’aide de matériaux tels que les végétaux (pétales de roses photographiés, menues brindilles tapissant les vitrines), le papier servant à mouler des fragments de statues, l’aluminium qui fait briller des colonnes tronquées, donc dérisoires. L’histoire devient le théâtre de l’absurde, et d’une beauté certaine.

Laurence Chauvy

A voir jusqu’au 28 octobre à la Galerie Alice Pauli (rue du Port-Franc 9, Lausanne, tél. 021/ 312 87 62).

Les plus appréciés

Les plus discutés

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !

Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision

SWI swissinfo.ch - succursale de la Société suisse de radiodiffusion et télévision