La mort d’Hugo Loetscher, auteur ironique
Le romancier, essayiste, dramaturge et journaliste zurichois est décédé mardi à Zurich après une lourde opération, indiquent les éditions Diogenes. Son nouveau roman doit sortir vendredi, à l'aube de ses 80 ans.
Polyglotte, grand connaisseur du Brésil et de l’Asie du sud-est, Loetscher était à cheval sur les cultures et les genres littéraires et fut en 1992 lauréat du Grand Prix Schiller, la plus haute distinction littéraire suisse.
Le Zurichois n’était pas un «auteur suisse» si l’on se réfère par là à une littérature qui perpétue le mythe de la Suisse comme «Sonderfall» parmi les nations.
Ce citadin convaincu, né en 1929 dans un quartier ouvrier de Zurich, ne se reconnaissait pas non plus dans la «Heimatlitteratur» glorifiant la vie campagnarde. Ce n’est donc pas un hasard si la ville – Zurich (La tresseuse de couronne, Saison), Los Angeles (Un automne dans la Grosse Orange) ou une ville anonyme (Les égoûts) – joue un rôle central dans son oeuvre.
Professeur invité aux Universités de Fribourg, de Californie du Sud, de Munich, de Porto ainsi qu’à la City University de New York, Hugo Loetscher était aussi membre de l’Académie des langues et de la poésie de Darmstadt, en Allemagne.
Après des études en sciences politiques, histoire de l’économie, en sociologie et en littérature à Zurich ainsi qu’à Paris, l’auteur a écrit notamment pour la Weltwoche et la Neue Zürcher Zeitung. De 1986 à 1989, il fut aussi président de l’Association des écrivains suisses.
Couronné par une multitude de prix, en général bien accueilli par la critique et le public alémaniques, Hugo Loetscher a d’abord été reconnu en France avant de s’imposer en Suisse romande. «Auteur de langue allemande, j’étais exotique pour les Français», disait-il.
La grande majorité de ses romans ont été traduits en français et publiés à Paris. Depuis 1989, année de parution du Déserteur engagé, sorti quatorze ans plus tôt en allemand, les lecteurs francophones ont pu découvrir une de ses oeuvres quasiment tous les ans mais le rythme avait ralenti ces dernières années.
Le 21 août prochain doit paraître son nouveau livre War meine Zeit meine Zeit. Un bilan intellectuel de sa vie et de son oeuvre, selon les éditions Diogenes.
«Hugo Loetscher n’était pas journaliste, écrivain ou politicien, mais tout à la fois. Il s’est penché comme un poète sur la politique – et avec plein d’humour», a déclaré à la TV alémanique le ministre Moritz Leuenberger, qui le connaissait personnellement.
swissinfo.ch et les agences
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