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Les syndicats inquiets face au dumping salarial

Renzo Ambrosetti, co-président d'UNIA, a présenté la position du syndicat mardi devant la presse. Keystone

UNIA avertit qu'il ne soutiendra activement l'extension de la libre circulation aux nouveau membres de l'UE que si les conditions de travail sont garanties.

Le principal syndicat national a mené mardi des actions dans toute la Suisse pour dénoncer les employeurs et les cantons qui ne respectent pas les règles.

A la mi-janvier, à l’instar de l’Union syndicale suisse (USS) et du syndicat Comedia, UNIA s’était prononcé en faveur de l’extension de la libre circulation des personnes aux dix nouveaux pays membres de l’Union européenne (UE).

En effet, à une large majorité, les délégués d’UNIA avaient refusé de soutenir le référendum lancé par la droite dure.

Aujourd’hui, le plus important syndicat de Suisse réitère son soutien. Mais il pose certaines conditions.

Mesures d’accompagnement

Pour que l’engagement des syndicats soit crédible, il faut que les mesures d’accompagnement soient mises en vigueur au plus vite et de manière intégrale, a souligné mardi Renzo Ambrosetti, co-président d’UNIA. Ce qui n’est pas encore le cas, selon une enquête du syndicat auprès des cantons.

En parallèle, il est indispensable que les patrons s’engagent à ne pas remettre en cause les conventions collectives de travail (CCT) et à créer des commissions paritaires régionales pour veiller à leur application.

Au vu du «comportement manifesté jusqu’ici par certains cantons et employeurs», le syndicat est toutefois inquiet, a ajouté Renzo Ambrosetti.

Mise en garde

UNIA exhorte les associations patronales à ne pas jouer avec le feu, notamment en dénonçant leur CCT. Si les travailleurs ne se sentent plus protégés, ils diront non à l’extension de la libre circulation des personnes le 25 septembre, a averti Hansueli Scheidegger, responsable du secteur construction à UNIA.

En créant un climat de peur et d’incertitude, les patrons favorisent la campagne des opposants aux accords bilatéraux et aux mesures d’accompagnement, a-t-il ajouté.

«Les milieux économiques qui ont intérêt à voir aboutir l’extension de la libre circulation des personnes doivent s’abstenir d’attaquer les salaires, les conditions de travail et les CCT».

Journée d’action

Pour dénoncer les cas de dumping salarial, des actions de protestation ont été menées mardi à Delémont, Fribourg, Genève, Lausanne, Berne, Zurich, Bâle, Mendrisio (TI), Taverne (TI), Thoune (BE) et Aarau.

A Appenzell, une lettre ouverte a été remise au sénateur Carlo Schmid, président de l’Association suisse des transports routiers (ASTAG) qui a dénoncé la CCT de ses chauffeurs.

Les «dumpeurs sociaux dans les rangs patronaux» n’ont pas été les seules cibles de ces actions. Plusieurs autorités cantonales, Zurich en particulier, sont pointées du doigt pour leur manque d’engagement en faveur de l’application des mesures d’accompagnement.

Contrôles demandés

Le syndicat rêve que d’ici fin avril, tous les cantons possèdent «une organisation optimale» pour contrôler l’exécution de la loi. Pour ce faire, des inspecteurs supplémentaires doivent être engagés, estime Renzo Ambrosetti. Une bonne note a déjà été attribuée aux cantons du Tessin, de Genève, Bâle-Campagne ou Berne.

Mais, de manière générale, la situation est préoccupante, a observé Hansueli Scheidegger s’appuyant sur des chiffres du Secrétariat d’Etat à l’économie (seco), qui n’ont pas encore été publiés.

Dans le secteur de la construction, seuls 7% des rapports de travail ont été contrôlés et, dans plus de 40% des cas, des irrégularités ont été observées.

swissinfo et les agences

– L’accord actuel passé entre Berne et Bruxelles prévoit une libre circulation des personnes entre la Suisse et les 15 pays de l’Europe occidentale.

– Cet accord pourrait à l’avenir être élargi aux nouveaux membres (Hongrie, Pologne, etc.) qui ont rejoint l’UE le 1er mai 2004.

– Ce projet d’extension de la libre circulation est menacé par un référendum des Démocrates suisses, soutenu notamment par l’UDC.

– Le délai référendaire court jusqu’au 31 mars. Si le référendum aboutit, le peuple se prononcera le 25 septembre.

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