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161 Suisses incarcérés à l’étranger

Pénitencier de Port-au-Prince, à Haiti. (AP Photo/Tomas van houtryve). Keystone

Quelque 161 ressortissants suisses, dont trois quarts d'hommes, croupissent actuellement dans les geôles à l'étranger, selon le DFAE.

D’après le Département fédéral des affaires étrangères, le DFAE, drogue, meurtres, viols, pédophilie ou atteintes à la morale: tels sont quelques uns des motifs qui ont conduit ces ressortissants suisses en prison.

Le sort de ces détenus varie beaucoup selon le lieu d’incarcération. Les 75 Suisses purgeant leur peine en Europe bénéficient ainsi en général de conditions conformes aux standards helvétiques. Rien n’est moins sûr dans les pays en développement.

Dans les pays en développement

Dans ces régions, les conditions de détention sont souvent très difficiles, souligne Muriel Berset Kohen, porte-parole au Département fédéral des affaires étrangères.

Toujours selon le DFAE, cinq suisses se trouvent actuellement en Afrique, 25 en Asie (dont 12 en Thaïlande), 30 en Amérique du Sud, le reste étant réparti entre l’Amérique du Nord, l’Océanie, les Caraïbes et le Moyen-Orient.

En Amérique du Sud, les «taulards» sont confrontés, par exemple, à l’insécurité régnant dans des prisons surpeuplées, relève Thomas Gasser, chargé d’affaires à l’ambassade suisse au Vénézuela.

Prison dans le désert

Max Thomann, collaborateur à l’ambassade suisse en Algérie, décrit les conditions de détention très dures dans lesquelles un ressortissant suisse purge sa peine. Sa prison se trouvant dans le désert, l’été est particulièrement difficile.

Lors de sa visite en avril dernier dans les prisons algériennes, une délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a toutefois pu constater qu’il était en bonne forme et qu’il a reçu les livres transmis par l’ambassade, précise M. Thomann.

Au Maroc, un prisonnier suisse est régulièrement visité par l’ambassade, selon Ariane Pochon, collaboratrice diplomatique à Rabat. En général, sa famille envoie de l’argent au DFAE que l’ambassade transmet à l’épicier de la prison. Les conditions de détention semblent correctes, déclare-t-elle, en précisant toutefois que les cellules ne peuvent pas être visitées.

Les cas de Suisses arrêtés pour pédophilie sont très médiatisés, à l’image du couple zougois interpellé en décembre 2000 en Inde. Mais les statistiques ne permettent pas de connaître leur pourcentage.

La drogue

Selon Mme Berset Kohen, la majorité des incarcérations sont dues à des délits liés à la drogue, souvent beaucoup plus sévèrement punis qu’en Suisse.

Le cas le plus célèbre concerne Nicolas Hänggi et Silvio Giovanoli, arrêtés en août 1997 au Guatemala. Ils purgent une peine de douze ans, verdict qui fait l’objet d’un recours. Les sept Suisses incarcérés au Vénézuela purgent aussi des peines de plusieurs années pour ces motifs.

Condamné à mort

En Chine, un Suisse a été condamné à mort en 1999 pour viol et meurtre. Selon la porte-parole du DFAE, il devrait voir très prochainement sa peine commuée en peine à perpétuité. Béatrice Latteier-Schär, de l’ambassade suisse en Chine, a confirmé cette information.

Même si le Suisse bénéficie de meilleures conditions par rapport à ses compagnons d’infortune chinois, elles restent malgré tout très pénibles, car tous les prisonniers sont astreints à des travaux.

Protection consulaire

Toutes les personnes incarcérées à l’étranger peuvent bénéficier de la protection consulaire. Elle comprend des visites régulières des détenus, soit au moins une fois par an.

Les services consulaires veillent aussi à ce que les règles de l’Etat de droit soient respectées, comme le droit à la défense, explique M. Gasser. «Si la proximité nous le permet, on fait des visites tous les deux à trois mois», a-t-il ajouté.

Les ambassades fournissent aussi une aide très concrète, comme du savon ou des médicaments. Mais ce sont surtout les familles, les amis ou les employeurs qui interviennent pour trouver une assistance juridique. Si le prisonnier n’a aucun contact, c’est un avocat commis d’office qui assurera sa défense, a précisé le DFAE.

swissinfo avec les agences

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