25 ans après, la question jurassienne reste ouverte
Le 24 septembre 1978, le peuple et les cantons suisses acceptaient la création du canton du Jura.
L’entrée en souveraineté du nouveau canton n’a pas pour autant résolu la question jurassienne. Les relations avec Berne restent tendues.
Il y a 25 ans exactement, les citoyens suisses acceptaient à une majorité de plus de 82% la création d’un 23e canton composé des districts de Delémont, de Porrentruy et des Franches-Montagnes.
Les 26 cantons et demi-cantons ont tous dit oui. Le taux le plus faible a été enregistré dans celui de Berne avec 69,9% de oui.
Mercredi, le gouvernement et le parlement jurassien ont marqué le 25e anniversaire de ce vote historique en envoyant une lettre de remerciement aux cantons et au Conseil fédéral.
«Le Jura, peut-on lire dans ce message, a été pionnier dans divers domaines tels que les droits politiques en faveur des étrangers, l’égalités hommes-femmes et la coopération transfrontalière.»
Un canton à six districts?
Pour autant, la «question jurassienne» n’est toujours pas résolue. La présidente du parlement jurassien, Madeleine Amgwerd, estime que «le temps est venu d’étudier les tenants et les aboutissants d’une entité cantonale composée des six districts jurassiens».
Le gouvernement veut confier cette étude à l’Assemblée interjurassienne (AIJ).
Cette offre de partage de souverainté a également été formulée par le Mouvement autonomiste jurassien (MAJ) dans son initiative intitulée «Un seul Jura».
Le texte revêtu de 6000 signatures prône la création d’un canton à six districts: les trois formant le canton du Jura et les trois composant le Jura bernois, soit Courtelary, Moutier et La Neuveville.
Statut particulier
Pour les autorités jurassiennes, cette offre de partage de la souveraineté doit constituer une alternative au projet de loi sur le statut particulier du Jura bernois élaboré par le gouvernement bernois.
«Ce statut n’offre pas l’autonomie souhaitée et n’octroie que des compétences très limitées à la région», ajoute Madeleine Amgwerd.
Le gouvernement bernois a mis en consultation son projet de loi qui prévoit de créer un Conseil du Jura bernois doté de compétences uniquement culturelles et scolaires. Ce projet a reçu un accueil plutôt favorable de la classe politique du Jura bernois. Sauf évidemment chez les autonomistes.
Festivités en 2004
Le 24 septembre n’est pas célébré dans le Jura. En revanche, le 23 juin, date du plébiscite de 1974 qui avait vu une majorité des habitants des sept districts jurassiens se prononcer en faveur de la création du canton, est lui un jour férié.
Le gouvernement entend ainsi célébrer l’année prochaine au moins deux manifestations marquant le 30e anniversaire du vote du 23 juin et le 25e de l’entrée en souveraineté.
swissinfo et les agences
– Après des années de combat autonomiste, les sept districts du Jura votent en 1973 sur leur séparation d’avec Berne.
– Au premier tour de ce plébiscite, le principe de la création du nouveau canton est accepté globalement.
– Au second tour toutefois, seuls les trois districts du nord choisissent l’autonomie. Le sud reste bernois et le district de Laufon (germanophone) se rattache à Bâle-campagne.
– Le 24 septembre 1978, le peuple et les cantons suisses acceptent l’entrée du Jura dans la Confédération.
– Depuis, les autonomistes n’ont cessé de réclamer la «réunification» du Jura.
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