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Affaire Elf: 56 millions pour les politiciens français

Alfred Sirven dessiné lors de sa comparution au procès de Roland Dumas en février dernier. Keystone Archive

La justice suisse a établi avec exactitude les sommes détournées de la compagnie Elf et versées en liquide à des hommes politiques français: 56 millions de francs entre 1989 et 1993.

La filière clandestine mise en place par Alfred Sirven, l’ancien numéro deux d’Elf, s’appelait «Oscar». Le circuit était pratiquement toujours le même. Alfred Sirven se faisait virer de l’argent par Rivunion, la banque d’Elf installée près de l’aéroport de Cointrin.

Puis, il retirait quelques millions en liquide sur ses comptes à Genève et à Lausanne. Des passeurs ramassaient l’argent, le faisaient discrètement passer la frontière, et le déposaient à Paris. Alfred Sirven prenait l’avion pour la France, récupérait les sommes volées dans les caisses de la compagnie pétrolière, et distribuait la «manne» aux états-majors politiques.

Un «large éventail politique»

Au total 243 millions de francs français, soit 56 millions de francs suisses, ont amélioré le train de vie du RPR, du Parti socialiste et du Parti républicain entre 1989 et 1993. Devant témoin, l’ancien bras droit de Loïk Le Floch-Prigent évoquait le «large éventail politique» qui a bénéficié de ses versements, parlant d’une «distribution à tous les partis».

Seulement voilà, du fond de sa cellule, Alfred Sirven n’a jamais voulu parler. Et la justice suisse n’a pas encore obtenu l’autorisation d’interroger l’ancien résident suisse. Patron d’Elf Aquitaine International à Genève, Alfred Sirven avait d’abord obtenu un permis B en 1992, puis un permis C en 1997, juste avant de s’enfuir aux Philippines.

Qui a bénéficié des largesses d’«Oscar»? Au temps de sa puissance, l’ancien numéro deux d’Elf se vantait de pouvoir faire sauter vingt fois la République française. A Paris, personne n’est donc très pressé d’entendre les confessions du prisonnier. En revanche le juge genevois Paul Perraudin, en charge du dossier Elf depuis cinq ans, aimerait bien aller au bout de son enquête.

Ian Hamel

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