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Apartheid: Lilianne Maury Pasquier rassure Pretoria

Liliane Maury Pasquier était à la tête de la délégation. Keystone

La présidente de la Chambre du peuple vient d'achever une visite de dix jours en Afrique du Sud.

Elle a voulu en savoir plus sur le rôle de la Suisse durant l’apartheid. Mais pas question d’enquêter sur les services secrets sud-africains. Interview.

Satisfaite de son voyage, Liliane Maury Pasquier confirme avoir tenté de «relancer les discussions sur les relations Suisse-Afrique du Sud au temps de l’apartheid.

Il faut dire que cette visite intervient alors que le Parlement attend toujours le feu vert de Pretoria pour mener une investigation en Afrique du Sud.

Il s’agit d’une enquête de la délégation des commissions de gestion du Parlement qui planche sur les liens entre les services de renseignement des deux pays durant l’apartheid.

Les députés, qui doivent remettre un rapport à la fin de cette année, souhaitent obtenir des informations de la part de citoyens sud-africains, notamment des officiels de l’époque.

Mais pour l’heure, «je n’ai pas reçu de réponse à ce sujet. Je pense que cela ne saurait tarder», souligne la présidente du Conseil national.

swissinfo: Pourquoi avoir choisi l’Afrique du Sud pour ce voyage?

Lilianne Maury-Pasquier: De manière générale, il y a une raison historique qui est chère à mon cœur. Comme beaucoup, j’ai suivi les mouvements anti-apartheid autrefois. D’une certaine manière, cela a marqué ma politisation.

Il est important pour moi de voir enfin ce pays de plus près. Mais également pour voir comment cette nouvelle démocratie née en 1994 évolue.

Les défis sont grands: sida, santé, éducation. Beaucoup de projets sont d’ailleurs financés par la coopération suisse (DDC).

Quels genres de projets?

L M.-P.: Il y a par exemple un projet qui s’appelle «Iquasi» qui est financé en partie par la Direction du développement et de la coopération (DDC), dans le cadre de la prévention du sida.

C’est un projet de formation des formateurs, qui insiste sur la sensibilisation au sida notamment vis-à-vis des parents, puisque la communauté joue un rôle très important dans ce domaine.

Vous avez, dit-on, tenté de relancer le dossier sur les relations Suisse-Afrique du Sud au temps de l’apartheid.

L M.-P.: Quand j’ai dit que je partais en Afrique du Sud, la délégation des commissions de gestion du Parlement m’a dit qu’elle faisait une enquête sur nos propres services de renseignement, en relation avec l’Afrique du Sud.

Pour la mener à bien il fallait consulter des dossiers qui ont été détruits en Suisse. D’où l’intérêt de demander au cours de ce voyage de pouvoir interroger des personnalités sud-africaines en relation avec notre enquête.

Je n’ai pas reçu de réponse à ce sujet, mais je pense que cela ne saurait tarder.

Il s’agissait aussi de rassurer les autorités sud-africaines en expliquant clairement que nous voulons faire une enquête sur les services secrets suisses en relation avec l’Afrique du Sud, et non sur les services secrets sud-africains eux-mêmes.

Est-ce que la plainte de victimes de l’apartheid déposée aux Etats-Unis visant notamment les banques suisses a été abordée?

L M.-P.: Oui, tout à fait. Nous voulions sentir le climat à ce sujet. Nos entretiens ont été très conviviaux, mais aussi très directs. Les autorités sud-africaines sont clairement dans l’expectative, elles attendent de voir le contenu exact du dossier.

Les personnes que nous avons rencontrées nous ont dit qu’il fallait faire face à cette question, même si la réalité est un peu plus contrastée, et qu’il ne s’agit pas seulement d’attaquer des entreprises suisses.

Est-ce une question cruciale pour le futur des relations entre la Suisse et l’Afrique du Sud?

L M.-P.: Bien sûr, cela va occuper le devant de la scène, de manière brûlante, très bientôt, et on doit s’y préparer.

Le bilan de votre visite est-il satisfaisant?

L M.-P.: Tout à fait. La Suisse et l’Afrique du Sud ont des relations très proches, et elles doivent continuer à en avoir, même lorsqu’il s’agit d’aborder des thèmes difficiles.

swissinfo/Stéphanie Savariaud à Johannesburg

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