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Attentat à Genève contre un ex-dirigeant d’Elf

Les personnes liées au dossier Elf et domiciliées en Suisse avaient été prévenues... Keystone

La piscine qui a explosé mercredi à Corsier (GE), appartient à J.S., ancien président de la Fiba, la banque de la compagnie pétrolière Elf.

Le Français J.S., ancien responsable des préfinancements pétroliers chez Elf, installé en Suisse depuis de nombreuses années, n’a pas que des amis. Il y a quelques mois, sa voiture était détruite par un incendie. On s’en est pris cette fois à sa piscine, proche de sa villa à Corsier.

Le Ministère public a ouvert une enquête. Ce n’est pas tous les jours en Suisse que des inconnus font sauter une piscine. J.S., dont le nom a très souvent été cité dans l’affaire Elf, possède aujourd’hui une société à Genève, justement domiciliée dans les anciens locaux d’Elf Aquitaine International.

Le nom de l’ancien patron de la banque Fiba est également mentionné dans une affaire de trafic d’armes à destination du Congo. Le dossier met notamment en cause le Belge Jacques Monsieur, un marchand de matériel militaire, emprisonné en Iran depuis de longs mois.

Mises en garde

Or, cette vente d’armes, portant sur 36 millions de dollars, se serait négociée le 9 décembre 1998 au Noga Hilton de Genève, en présence de Jacques Monsieur, mais aussi de P.-Y. G., un ancien patron du contre-espionnage français, et de J.S., l’un des dirigeants d’Elf.

Jacques Monsieur aurait été payé par Elf pour du matériel de guerre, notamment des hélicoptères de combat, livré au général Denis Sassou Nguesso, revenu au pouvoir par la force en octobre 1997. Ce dernier vient tout juste d’être réélu lors d’élections présidentielles fort peu démocratiques.

«L’explosion de la piscine n’a aucun lien avec Jacques Monsieur. Il faudrait plutôt enquêter du côté de certains voyous, venant peut-être de Corse», souligne un proche de J.S. Après l’incendie de son véhicule, il s’agit incontestablement d’un avertissement sévère.

Une source proche du dossier laisse entendre que la victime était sur ses gardes depuis quelques jours. Les nombreuses personnes liées au dossier Elf, et domiciliées en Suisse, avaient également été prévenues, sans plus de précisions, que «ça allait bouger à Genève».

Ian Hamel

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