Berne appelle Israël à quitter Ramallah
Yasser Arafat, dont le QG est encerclé par l'armée israélienne, est toujours l'interlocuteur légitime des Palestiniens. Dixit la diplomatie suisse.
Vendredi à l’aube, les troupes israéliennes sont entrées en force dans la ville de Ramallah puis dans le périmètre des bureaux de l’Autorité palestinienne, là même où Yasser Arafat vit reclus depuis le début du mois de décembre.
Cette opération militaire a été déclenchée à l’issue d’une longue réunion nocturne du cabinet israélien au cours de laquelle le président palestinien s’est vu formellement désigné comme «ennemi d’Israël» et condamné à l’isolement total.
Le gouvernement entendait ainsi répondre à la série d’attentats qui en deux jours a causé la mort d’une trentaine de personnes. Un peu plus tard, une jeune Palestinienne faisait sauter une nouvelle bombe à l’entrée d’un supermarché d’un faubourg ouvrier de Jérusalem.
Arafat est un interlocuteur démocratiquement élu
A Berne, le Département fédéral des affaires étrangères a fait savoir qu’il appelait les Israéliens à un retrait immédiat de Ramallah. «Cette ville est située en Zone A, explique sa porte-parole Muriel Berset-Kohen, elle est donc sous le contrôle exclusif de l’Autorité palestinienne».
La Suisse appelle également Israël à ne pas s’en prendre physiquement au président palestinien Yasser Arafat. Il est «notre interlocuteur légitime, puisque élu démocratiquement, rien ne doit donc être fait qui pourrait porter atteinte à sa personne» précise Muriel Berset-Kohen.
Tout faire pour arrêter la spirale de la violence
Jeudi, le ministre suisse des Affaires étrangères avait eu une conversation téléphonique avec son homologue israélien Shimon Peres et avec Nabil Shaath, ministre de la Coopération internationale de l’Autorité palestinienne.
Joseph Deiss a redit à ses interlocuteurs qu’il condamnait toute forme de terrorisme et de violence aveugle contre la population civile, en particulier l’attentat de mercredi soir dans la ville de Netanya.
Le chef de la diplomatie suisse a alors demandé à Israël de faire preuve de retenue pour ne pas amplifier la spirale de la violence et à l’Autorité palestinienne de lancer un appel solennel exigeant l’arrêt des attentats-suicides.
La Suisse enfin se réjouit de l’offre de paix saoudienne entérinée jeudi par le Sommet arabe de Beyrouth et dans laquelle les pays arabes s’engagent à reconnaître l’État d’Israël.
C’est une étape importante, commente Muriel Berset-Kohen, «nous appuyons cette offre, mais il faut qu’elle puisse se traduire dans les faits».
swissinfo/Bernard Weissbrodt
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