Carla Del Ponte aurait préféré Arkan vivant pour pouvoir le juger
La Suissesse Carla Del Ponte, procureur en chef du Tribunal pénal international, regrette la mort du criminel de guerre présumé Arkan. Elle l’a dit lundi à Bruxelles à l’issue d’une rencontre avec le président de la Commission européenne, Romano Prodi.
La Suissesse Carla Del Ponte, procureur en chef du Tribunal pénal international, regrette la mort du criminel de guerre présumé Arkan. Elle l’a dit lundi à Bruxelles à l’issue d’une rencontre avec le président de la Commission européenne, Romano Prodi.
La rencontre au sommet des patrons de Bruxelles et de La Haye était prévue de longue date, mais le fantôme d’Arkan s’est imposé en invité surprise. Pour Carla Del Ponte, le meurtre du bourreau serbe est une mauvaise nouvelle.
«J’aurais préféré, souligne le procureur général, qu’Arkan soit traduit devant le Tribunal de La Haye». Zeljiko Raznatovic, alias Arkan, avait été inculpé en 1997 par le tribunal. Un acte d’inculpation longtemps tenu secret, il n’avait été révélé qu’en mars 1999.
Aux côtés de Romano Prodi, Carla Del Ponte a démenti vigoureusement les informations selon lesquelles le Tribunal pénal international aurait cherché à négocier les conditions de reddition du chef paramilitaire. Selon ces rumeurs, Arkan aurait pu bénéficier de la clémence des juges en échange de renseignements, à la manière des repentis de la mafia italienne. «Arkan n’a jamais collaboré avec nous, affirme Carla Del Ponte, il n’a jamais transmis de documents au tribunal».
A Bruxelles, la Suissesse a souligné l’importance de la coopération des Etats. «Le tribunal n’a pas de police propre», il dépend donc du bon vouloir des Etats présents sur le terrain.
Au passage, Carla Del Ponte a défendu la réputation du Tribunal pénal international, souvent accusé de lenteur, que cela soit dans le cas de l’ex-Yougoslavie ou du Rwanda. «Je n’aime pas qu’on parle toujours de cette lenteur qui n’existe pas, réplique le procureur. Les enquêtes sont laborieuses, cela prend du temps, mais les procès se font».
Thierry Zweifel
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