Cinq cyclistes suisses dans la course à Sydney
Dans la nuit de mardi à mercredi Alex Zuelle, Laurent Dufaux, Oscar Camenzind, Mauro Gianetti et Markus Zberg auront la lourde tâche d'assurer la succession de Pascal Richard, le champion olympique en titre de la course sur route. Portraits.
Les cinq cyclistes retenus par l’entraîneur national, l’Allemand Wolfram Lindner, ne sont pas dénués d’arguments. La preuve: leurs palmarès respectifs.
Oscar Camenzind a été couronné champion du monde à Valkenburg en 1998. Et Alex Zuelle, lui, a inscrit deux Vuelta (1996 et 1997) sur sa carte de visite.
Laurent Dufaux – qui est monté lui aussi à deux reprises sur le podium du Tour d’Espagne en 1996 et 1997 – affiche deux victoires dans le Dauphiné. Et il a remporté l’épreuve Coupe du monde de Zurich en août de cette année.
Quant à Mauro Gianetti, il a fini deuxième des Mondiaux de Lugano en 1996. Et il a été, en 1995, l’auteur d’un fabuleux enchaînement en remportant successivement Liège-Bastogne-Liège et l’Amstel Gold Race.
Enfin, l’automne passé, Markus Zberg, a été à deux doigts de décrocher le titre mondial à Vérone (2e derrière Freire).
«J’avais le choix d’installer toute ma vie des tuyaux ou de faire carrière dans le sport», se souvient Laurent Dufaux. Qui a commencé par pratiquer la gymnastique, puis le ski avant de passer au vélo.
«Mon père fut un bon amateur. Et il a regretté de ne pas avoir franchi le pas, raconte le Vaudois. Je devais avoir 12 ou 13 ans, lorsqu’il m’a offert mon tout premier vélo. Nous sommes partis trois jours faire des cols». Le virus s’était installé.
Aujourd’hui, Laurent Dufaux remercie, et ses parents, et son épouse Véronique. Qui lui ont tous permis de «pratiquer son métier» avec succès. Une seule ombre à son tableau: «l’affaire Festina» du Tour de France 1998.
Une «affaire» dont Alex Zuelle est, lui également, sorti profondément marqué mentalement. Le sport, le Saint-Gallois a toujours désiré en faire son métier tout en suivant un apprentissage de peintre.
«Alex avait à peine 13 ans. Mais j’avais remarqué qu’il avait des jambes de cycliste. Je n’ai rien dit, rien forcé, Alex pensait à autre chose», se rappelle son père Walter. Le vélo qu’il lui avait acheté à cette époque est resté six mois à la cave avant que le futur champion du monde contre-la-montre de 1996 à Lugano y prenne vraiment goût.
Le vélo? Mauro Gianetti y est venu un peu par hasard. «Le dimanche, raconte le Tessinois, le chauffeur du bus de la vallée participait à des courses. Il n’arrêtait pas d’en parler au volant de son bus. Un jour j’ai emprunté le vélo de ma mère, je l’ai attendu au pied d’une côte et lui ai dit: le premier en haut a gagné. J’avais 12 ans, lui trente. Je suis arrivé avec deux minutes d’avance».
La carrière de Markus Zberg, elle, s’est profilée dans le droit fil de celle de son frère aîné Beat. Professionnel, il a commencé sa carrière en Italie. Où il a fait venir Markus. Pendant deux ans, le cadet a servi de «domestique» à son aîné. Ses ambitions, il les a mises dans sa poche.
Et lorsque Beat Zberg est passé aux Pays-Bas, Jean-Jacques Loup – manager de «Post Swiss Team» à l’époque – a convaincu Markus de revenir en Suisse pour relancer sa carrière. Chez les «Postiers», Markus s’est refait une santé. Avant de remporter la première et la dernière étape de son premier Tour d’Espagne.
Oscar Camenzind, lui, est sorti de l’ombre un dimanche 11 octobre 1998 à Valkenburg où il est devenu champion du monde. Quarante-sept ans après le Suisse Ferdi Kubler.
Au vélo ce Schwytzois de la «République indépendante de Gersau» y est arrivé par le biais d’une course d’écoliers. Où il a attiré l’attention de Tony Camenzind, (aucun lien de parenté), puis de Marcel (encore un Camenzind sans aucun lien de parenté) qui l’a orienté vers le professionnalisme.
Pierre-Henri Bonvin
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.