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Collaboration judiciaire difficile entre la Suisse et le Brésil

Depuis des mois, des millions de dollars douteux provenant du Brésil sont gelés par la Suisse. Mais la justice n'avance pas. Faute de preuves.

«Le problème avec le Brésil, constate un magistrat genevois, c’est que même les dossiers prioritaires mettent de longs mois à nous parvenir.»

Des contrats fictifs et des factures gonflées

Alerté par le Bureau de communication en matière de blanchiment de Berne, le palais de justice bloque, depuis l’année dernière, deux comptes contenant plus d’un million de dollars.

Ils appartiendraient à Ricardo Jerônimo Mello – co-directeur avec son frère Mârio de la société brésilienne Préstimus. L’homme est soupçonné par les autorités de son pays de détournements des fonds destinés au développement de l’Amazonie.

Des fonds pour des actions gérées par la Superintenência de Desenvolvimento da Amazônia (Sudam) qui concernent aussi bien l’agriculture que les travaux publics, l’hôtellerie ou les télécommunications.

En clair, grâce à des contrats fictifs et à des opérations de surfacturations, Ricardo Jerônimo Mello aurait réussi à détourner des millions de dollars. Les investigations menées par la police fédérale brésilienne portent sur des faits remontant à 1992 et 1993, à novembre 1998 et à septembre 1999.

Une demande d’entraide correctement remplie

La Suisse, qui bloque les fonds, a ouvert une procédure pénale à l’encontre de Ricardo Jerônimo Mello qui est soupçonné de blanchiment. Pour autant, elle a bien de la peine à prouver que cet argent a réellement été mal acquis.

Il y a une quinzaine de jours, la justice genevoise a demandé au Brésil de lui adresser une demande d’entraide judiciaire correctement remplie. C’est que les documents brésiliens ne sont pas toujours rédigés en bonne et due forme.

Il faut, en l’occurrence, que les charges retenues soient précises. Et que les délits figurent noir sur blanc dans le code pénal helvétique.

En effet, pour échapper à la justice, nombre de personnes mises en cause prétendent que l’argent dissimulé dans les banques suisses est le fruit d’une évasion fiscale. Ce qui n’est pas considéré, en Suisse, comme un délit.

Le dossier du maire de Sao Paulo est en panne

De la même façon, à la demande de l’Office fédéral de la justice, les magistrats genevois ont saisi une documentation bancaire liée à Paulo Maluf, l’ancien maire de Sâo Paulo. Ses comptes ouverts à la Citibank à Genève auraient accueilli 200 millions de dollars depuis 1985.

Seulement voilà, le dossier est au point mort. Les quatre demandes d’entraides judiciaires adressées par le Brésil dans cette affaire sont plus mal formulées les unes que les autres.

Parfois même, les autorités judiciaires des Etats brésiliens concernés contredisent, sur certains points, la justice fédérale brésilienne.

swissinfo/Ian Hamel

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