Compétition et sponsoring: la guerre du snowboard
Cette semaine la Fédération internationale de snowboard organise à Leysin une nouvelle étape de son championnat du monde. Dans le même temps, la Fédération Internationale de ski organise une coupe du monde de snowboard qui passe aussi par la Suisse.
Cette semaine la Fédération internationale de snowboard organise à Leysin une nouvelle étape de son championnat du monde. Mais, dans le même temps, la Fédération Internationale de ski organise une coupe du monde de snowboard qui passe aussi par la Suisse.
Introduit aux Jeux olympiques de Nagano, en 1998, le snowboard est écartelé entre deux fédérations internationales. D’une part, la Fédération internationale de snowboard (ISF) qui se targue d’avoir assuré la promotion de cette discipline et qui affiche sa légitimité de part ses 12 ans d’expérience en la matière. Et, d’autre part, la Fédération Internationale de ski (FIS) qui a pris le train en marche.
Pour Bertrand Dénervaud, président de l’ISF, «la FIS tente de récupérer le snowboard après avoir constaté l’ampleur de l’engouement des jeunes pour cette nouvelle discipline».
Depuis 1995, la Fédération Internationale de ski organise donc sa propre coupe du monde, avec une structure identique à celle du ski et des équipe nationales. Reste que la Suisse, à l’instar de quelques autres pays européens, n’a pas véritablement d’équipe nationale de snowboard. La majorité des professionnels helvétiques ont en effet boycotté la FIS qui ne compte d’ailleurs que quelque 6000 coureurs contre 12 000 pour l’ISF.
Mais la FIS possède un atout majeur: elle avait été chargée par le Comité International Olympique de fixer les critères de sélection pour les jeux de Nagano. Pour se qualifier en vue des jeux, tous les snowboardeurs avaient donc dû passer par les courses FIS. Et, aux jeux olympiques, les coureurs venus de l’ISF avaient engrangé 9 médailles sur 12. «Notre fédération regroupe les meilleurs snowboardeurs au plan mondial, affirme Bertrand Dénervaud. L’objectif est donc d’obtenir la reconnaissance de notre championnat pour les qualifications des jeux olympiques de 2002».
Derrière ce conflit se cache en fait une affaire d’éthique du sport et surtout une histoire d’argent. Les snowboardeurs courent, aujourd’hui, pour des sponsors et les retombées financières sont toujours plus attrayantes.
Cette année, en plus de ses contrats personnels, le champion du monde ISF empochera 15 000 dollars , une somme en augmentation de 20 pour cent par rapport à la saison dernière. Pas question, donc, pour lui, de s’enfermer au sein d’une fédération qui privilégie les équipes nationales.
De l’autre côté, la Fédération Internationale de ski est financée, en grande partie, par le sponsoring et notamment les droits de retransmission pour la télévision. «Je ne suis pas en mesure de chiffrer les retombées financières liées au snowboard, déclare Gian Franco Kasper, président de la FIS, mais je puis affirmer qu’elles sont dérisoires par rapport à celles du ski».
Reste qu’aucune des deux Fédération ne tient à lâcher sa part du gâteau. Et la sélection des snowboardeurs, pour les jeux olympiques de 2002, risque de raviver les frictions.
Vanda Janka
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