Daniel Zappelli, la sécurité avant tout
Election du procureur général à Genève: membre du Parti radical, Daniel Zappelli met en avant la lutte contre l'insécurité.
swissinfo: Le Parti libéral, qui soutient votre candidature, a clairement laissé entendre qu’il voulait fermer la «parenthèse» Bertossa. Le blanchiment d’argent ne devait plus être une priorité à Genève…
Daniel Zappelli: Je vous mets au défi de trouver chez moi une seule parole laissant entendre que je ne suivrai pas la voie ouverte par Bertossa. J’ai travaillé à ses côtés pendant quatre ans comme substitut du procureur. Comment voulez-vous qu’un procureur puisse être pour le crime organisé ou le blanchiment d’argent?
Commencée à droite, votre campagne se rapproche de celle de votre concurrent, classé à gauche.
D. Z. : Nous sommes tous les deux des successeurs de Bernard Bertossa. Notre intention est d’appliquer la loi. Il ne peut y avoir que peu de différences entre nous. Une fois élu, un procureur est totalement apolitique. Cela dit, je suis très heureux du soutien du Parti libéral, qui est favorable à une augmentation des moyens de la justice
Etes-vous pour davantage de magistrats et plus de policiers?
D. Z. : Clairement oui. Depuis que je suis magistrat, je travaille tous les week-end, et c’est le cas de la plupart de mes collègues. Plus d’effectifs, cela permettra de rendre la justice dans des délais raisonnables. S’il y a plus de crimes, c’est qu’il y a plus de criminels. Il faut donc plus de magistrats et plus de policiers. Je crois à l’effet préventif et dissuasif des patrouilles dans les rues.
Votre programme met nettement plus l’accent sur la lutte contre l’insécurité que celui de votre adversaire.
D. Z. : J’adresse un message clair aux criminels: Genève n’est pas un supermarché. Il ne faut pas craindre de requérir des peines sévères. Les cambriolages en bandes et les infractions criminelles devraient être renvoyés devant les assises. Par ailleurs, les victimes sont souvent traumatisées de constater que leurs agresseurs échappent à la prison. Je crois que le sursis doit être subordonné à la réparation du dommage. Si un petit délinquant ne paye pas, il ne faut pas hésiter à révoquer son sursis.
Votre candidature est soutenue par une bonne partie du Barreau. Faut-il améliorer les relations avocats-juges?
D. Z. : Contrairement à l’affiche placardée par l’Association des juristes progressistes, tous les avocats ne sont pas des pourris. Les relations se sont nettement dégradées depuis une décennie entre les avocats et les juges à Genève. Il faut les restaurer. S’il n’y a pas de raison de pactiser, il n’y a pas non plus de motif de se détester. Signons un pacte de non-agression et de respect mutuel.
Propos recueillis par Ian Hamel
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