Davos veut se protéger
Les autorités fédérales ont décrété une interdiction d'entrer en Suisse contre une centaine de personnes lors du Forum économique mondial de Davos.
Cette décision concerne des manifestants étrangers qui ont commis des actes de violence ou sont connus pour se livrer à de tels actes.
C’est en tout cas ce qu’ a expliqué dimanche Jean-Luc Vez, chef de l’Office fédéral de la police (OFP), dans un entretien paru dans la «NZZ am Sonntag».
Les opposants à la mondialisation sont mieux connus qu’il y a un an grâce aux informations livrées par d’autres pays, a précisé le directeur.
Aujourd’hui, la loi permet effectivement aux autorités de se procurer des informations sur des personnes qui pourraient menacer la sécurité intérieure du pays. L’OFP a ainsi obtenu des données sur des personnes qui ont commis des violences à l’étranger.
Jean-Luc Vez a également lancé un appel aux personnes qui veulent manifester pacifiquement afin qu’elles acceptent de se soumettre à certains contrôles de police. Il en va aussi de leur intérêt, a-t-il souligné.
Après Davos, le G8 d’Evian
Par ailleurs, l’année 2003 ne s’annonce toutefois pas comme une «année calme et pacifique», ajoute le chef de l’OFP. Les attentats de Bali et du Kenya ont montré que le terrorisme international peut frapper partout. Et ii la guerre en Irak venait à se déclarer, ce risque ne va pas diminuer.
Sur le plan de la sécurité intérieure, Jean-Luc Vez considère que le sommet du G-8 qui se tiendra en juin prochain à Evian revêt une signification particulière pour la Suisse.
La sécurité des cantons autour du Lac Léman se trouve à l’arrière plan et rend nécessaire un engagement policier intercantonal et un engagement subsidiaire de l’armée. De nombreuses questions doivent d’ailleurs encore être réglées avec la France.
Souveraineté en question
Il n’est pas exclu, entre autre, que les services de sécurité français doivent opérer dans l’espace aérien helvétique et sur territoire suisse, toujours selon le chef de l’OFP. La question se pose de savoir si de tels engagements sont compatibles avec la souveraineté suisse.
Une solution consisterait à régler la question par des accords bilatéraux spécifiques entre les deux pays. Cette mécanique qui dépasse les frontières est ce qu’il y a de vraiment nouveau et de plus contraignant, a-t-il relevé.
Pour l’OFP, un des plus grandes questions est de savoir si le service d’analyse et de prévention (chargé de la protection de l’Etat) recevra l’autorisation de travailler lors du G-8 avec des méthodes d’acquisition d’informations propres aux services de renseignement.
Ce qui comprend l’utilisation de méthodes de surveillance électronique pouvant violer la sphère privée des citoyens. Dans ce domaine, l’OFP a besoin de compétences supplémentaires, conclut Jean-Luc Vez.
swissinfo avec les agences
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