Dur retour à la réalité pour le ski de fond suisse
Dix mois après la médaille de bronze des relayeuses aux JO de Salt Lake City, les fondeurs suisses ont retrouvé la dure réalité de la Coupe du monde.
Après Davos, ils sont à Cognes. En attendant les Championnats du monde de Val di Fiemme.
Les projecteurs des Jeux olympiques éteints, le plus dur reste désormais à faire pour les fondeurs suisses lors de la nouvelle saison: confirmer les très bons résultats de Salt Lake City.
Et notamment la médaille de bronze du relais féminin. «Le public et les médias en ont beaucoup parlé», se rappelle Michel Antzemberger.
Et le chef de la discipline du ski de fond de Swiss Ski d’ajouter: «Cela a engendré une plus grande reconnaissance de nos athlètes et du ski de fond en général. J’espère que nous pourrons poursuivre sur notre lancée de l’hiver dernier».
Grâce à cet exploit, la discipline du ski de fond est capable d’assurer son propre financement cet hiver. Auparavant, les contributions des sponsors étaient insuffisantes pour faire vivre les différentes équipes nationales. Le secteur alpin était régulièrement appelé à la rescousse.
A propos du budget, mis à part une petite rallonge, rien n’a changé. Et il est trop tôt pour connaître les effets de la médaille de Salt Lake City. Autrement dit, on ne sait pas si elle a suscité de nouvelles vocations parmi les jeunes.
Un rendez-vous manqué
Le week-end passé à Davos, où s’est courue la seule manche helvétique de la Coupe du monde, les athlètes suisses ont raté le coche, principalement dans les courses individuelles.
«Il faut être réaliste, relativise Michel Antzemberger. Aux Jeux de Salt Lake, notre équipe féminine a décroché la troisième place. Un rang qu’elle n’occupe pas au classement mondial.» Aux JO, les Russes et les Ukrainiennes n’étaient pas au départ.
Les dirigeants de Swiss Ski ne se leurrent pas. D’ailleurs, aux Championnats du monde de Val di Fiemme, ils se contenteront, pour les filles, d’une place parmi les six premières et pour les garçons parmi les douze premiers.
Un manque cruel d’effectif
Le problème du ski de fond suisse d’élite réside dans la pauvreté de ses effectifs. Et la retraite de la Valaisanne Brigitte Albrecht n’arrange pas les choses.
«Les jeunes Suisses sont sollicités par une grande quantité de sports de loisir, explique Michel Antzemberger. Le ski de fond est une discipline exigeante et peu attractive. D’ailleurs nous avons de la peine à recruter des jeunes. De plus, une fois engagés, ils doivent fournir un travail énorme.»
Désormais, les valeurs sûres du fond suisse ont pour nom Laurence Rochat, Seraina Mischol et Flurina Bachmann. Sans oublier Natascia Leonardi et Andrea Huber.
Chez les hommes, l’absence d’individus marquants est patente. «Notre meilleur élément, Reto Burgmeister, est performant dans les relais. Il l’est moins dans les épreuves individuelles, déplore le patron de la discipline du ski de fond de Swiss Ski. Et les gros talents ne courent pas les rues.»
A court terme, et après le rendez-vous à moitié manqué de Davos, l’objectif de cet hiver reste donc les Mondiaux du mois de février. Et, à plus long terme, grâce à son nouveau programme d’encouragement à la relève, Swiss Ski espère propulser de nouveaux jeunes au plus haut niveau.
swissinfo/Pierre-Henri Bonvin
– Après la superbe médaille de bronze du relais des dames lors des Jeux olympiques de Salt Lake City, les fondeurs suisses doivent confirmer.
– Le nombre de coureurs de l’équipe helvétique demeure faible et leurs résultats, au niveau de la Coupe du monde, ne sont pas aussi bons qu’espérés.
– Pour les fondeurs suisses, l’objectif principal de cette saison reste les Championnats du monde qui auront lieu en février 2003 au Val di Fiemme en Italie.
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.