Enfants-soldats: impasse à Genève, bonne nouvelle en Sierra Leone
A Genève, les négociations de l’ONU sur la question des enfants-soldats buttent toujours sur la position américaine. Leur sort, pourtant, est aberrant, disent les représentants de Sierra Leone, où des centaines d’enfants retrouvent enfin la liberté.
A Genève, les négociations de l’ONU sur la question des enfants-soldats buttent toujours sur la position américaine. Leur sort, pourtant, est aberrant, disent les représentants de Sierra Leone, où des centaines d’enfants retrouvent enfin la liberté.
Trente-six États, dont la Suisse, se sont jusqu’à présent ouvertement déclarés en faveur d’une loi internationale qui fixerait à 18 ans l’âge minimum pour l’enrôlement dans des forces armées. Depuis lundi, à Genève, un groupe de travail planche une fois de plus sur cette question, pressé par l’ONU qui somme les gouvernements de trouver un accord au plus vite. Actuellement, le droit autorise le recrutement et l’engagement au combat d’enfants dès quinze ans.
Mercredi, plusieurs institutions du sérail onusien avaient lancé un appel commun en faveur de la règle des 18 ans. On sait aussi qu’une vaste coalition d’organisations non-gouvernementales milite fermement contre l’utilisation d’enfants-soldats. Elle salue les petits pas accomplis à Genève, mais critique tout aussi énergiquement les Etats-Unis qui restent envers et contre tout agrippés à la limite de 17 ans en cas de recrutement volontaire. En plus d’arguments d’ordre intérieur, ils s’appuient sur le fait que plus de 70 pays dans le monde recruteraient des jeunes volontaires de moins de 18 ans.
Dans une autre salle du Palais des Nations, à Genève toujours, une délégation de Sierra Leone faisait parallèlement rapport devant le Comité des droits de l’enfant. A la question de savoir ce que les autorités de Freetown pensaient des enfants-soldats, la réponse fut on ne peut plus claire: «Ce qui a pu être fait chez nous dans ce domaine est une aberration». Faut-il rappeler que plusieurs milliers d’enfants y ont participé à des combats aux côtés des militaires comme des rebelles.
Leur libération était l’une des clauses importantes des accords de paix signés en juillet dernier. Le gouvernement semble avoir respecté son engagement. Du côté de la rébellion, la démilitarisation se fait davantage au compte-gouttes. Jeudi, quelque 260 enfants enrôlés dans la guérilla ont été libérés et confiés à des missionnaires italiens qui jugent l’événement comme un signe de grand espoir pour le pays. Ces enfants, sans parler de ceux qui sont encore portés manquants, ont maintenant besoin de beaucoup d’attention. C’est une chose de déposer les armes, c’en est une autre de reprendre une vie normale, de réintégrer sa famille, ou pour grand nombre d’entre eux, d’accepter une famille d’adoption.
Bernard Weissbrodt
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