Entraide judiciaire: Bernard Bertossa fustige l’attitude du Liechtenstein
Champion de la lutte contre le blanchiment d’argent sale, le procureur général de Genève dénonce la mauvaise coopération des autorités de la Principauté. Un problème qui sera abordé, lundi, à Vaduz, par le ministre suisse des Affaires étrangères.
Champion de la lutte contre le blanchiment d’argent sale, le procureur général de Genève (photo) dénonce la mauvaise coopération des autorités de la Principauté. Un problème qui sera abordé, lundi, à Vaduz, par le ministre suisse des Affaires étrangères.
Devant le Club suisse de la presse, ce mercredi à Genève, le juge Bertossa a répété une conviction partagée par un grand nombre de ses collègues: «En matière d’entraide judiciaire, le Liechtenstein est soumis à des règles comparables à celles qui sont en vigueur en Suisse. Mais les autorités de la Principauté les appliquent de manière très pointilleuse».
Depuis plusieurs années, la Confédération helvétique et plus particulièrement certains de ses magistrats, comme Bernard Bertossa, font en effet le forcing pour lutter contre la criminalité financière et collaborent de mieux en mieux avec les autres pays d’Europe. Mais le Liechtenstein, lui, semble tout faire pour maintenir sa place financière à l’abri des enquêtes internationales.
L’été dernier, Vaduz a promis à la ministre suisse de la Justice Ruth Metzler que le Liechtenstein allait faire un effort. Concrètement, les deux pays doivent signer un traité additionnel à la Convention européenne d’entraide judiciaire. Mais la mise en route de ce traité tarde. Elle dépend d’une décision de la justice liechtensteinoise qui n’a toujours pas été prise.
De son côté, la Commission des directeurs cantonaux de justice et police, qui regroupe les magistrats suisses, a lancé plusieurs démarches pour faire bouger les autorités de la principauté. Des démarches relayées par l’Office fédéral de la police qui a dressé un catalogue des problèmes posés par le Liechtenstein en matière d’entraide judiciaire.
Parmi ces problèmes, Bernard Bertossa souligne le fait que «les autorités liechtensteinoises refusent pratiquement de procéder à des saisies provisoires de comptes bancaires». D’autres magistrats s’indignent du refus systématique de Vaduz de laisser venir des policiers étrangers sur son sol.
L’hebdomadaire allemand «Der Spiegel» a récemment donné une explication à la mauvaise volonté affichée par les autorités de Vaduz. Le magazine a en effet publié un rapport des services de renseignement militaire allemands qui accuse l’ensemble des autorités politiques, judiciaires et économiques du Liechtenstein de favoriser le blanchiment d’argent dans la principauté.
Frédéric Burnand
En conformité avec les normes du JTI
Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative
Vous pouvez trouver un aperçu des conversations en cours avec nos journalistes ici. Rejoignez-nous !
Si vous souhaitez entamer une conversation sur un sujet abordé dans cet article ou si vous voulez signaler des erreurs factuelles, envoyez-nous un courriel à french@swissinfo.ch.