Genève-Servette, un cas à part
Propriété du groupe américain Anschutz, le club lémanique est le seul du pays à dépendre d'une colossale structure basée à l'étranger.
Sacré champion de Suisse de LNB pour la seconde fois de son histoire, mais après 38 ans d’attente (le premier titre et la promotion en LNA précédents dataient de 1964), Genève-Servette amorce son retour parmi les tout grands du pays. Même si, précision utile, il devra encore en découdre avec Coire dans un barrage pour accéder à l’élite.
Progression régulière et gros budget
Mise en veilleuse depuis 1975, date de la relégation en LNB, la flamme du hockey s’est donc réveillée au bout du lac. Une progression linéaire qui trouve ses origines en juin 2000, date du contrat signé avec le puissant groupe américain de Philip F. Anschutz, cinquième fortune du Nouveau Continent.
Repris à 100% par la section «Anschutz Entertainment Group» (AEG), Genève-Servette devenait alors la première équipe de hockey du pays à passer sous totale emprise étrangère.
Ailleurs, le sort des clubs les plus illustres du pays est en général lié au porte-monnaie d’un ou plusieurs mécènes provenant des secteurs économiques. Lugano et les ZSC Lions doivent leur réussite à la générosité de Geo Mantegazza, président d’honneur, et à Walter Frey, président du club zurichois et propriétaire des garages Emil Frey.
Berne et Zoug trouvent leur salut par la grâce de plusieurs entreprises, alors que Bâle, qui sera selon toute vraisemblance le prochain club à décoller, bénéficie d’un consortium de différentes industries qui ont favorisé la construction d’une nouvelle patinoire et l’établissement d’un budget élevé.
Genève-Servette s’appuie quant à lui sur un budget au-dessus de la moyenne pour la LNB, soit environ 6 millions de francs. Ce qui lui a permis d’engager de nombreux joueurs expérimentés (Bozon, Kessler, Fedulov, Voisard, Antisin) et d’écraser de toute sa puissance toute opposition cette saison.
Puissante structure
Au-delà de cette aisance financière, les Aigles genevois peuvent aussi s’appuyer sur des structures professionnelles qui trouvent leurs assises à l’étranger. Tout en haut de la pyramide, c’est à Los Angeles que se trouve le siège d’AEG, sous la direction de Timothy Leiweke, président des Los Angeles Kings et du Staples Center, le fameux complexe multi-fonctionnel qui abrite des matches de hockey, basket-ball, des concerts et des conventions,
Le siège européen du groupe se situe à Londres. D’où la gestion des clubs du groupe est assurée par Detlef Kornett, un ancien joueur de basket-ball. En plus de Genève-Servette, Hammarby (Suède), les Eisbären Berlin, les München Barons, les London Knights et Sparta Prague sont dirigés de la même manière.
Enfin, c’est à Genève que Chris Reynolds, ancien entraîneur du HC Bienne, s’occupe du secteur technique de toutes les équipes du groupe. Et ce n’est qu’à l’étage en dessous qu’intervient Chris McSorley, entraîneur-manager de Genève-Servette. Une sacrée pyramide.
swissinfo/Jonathan Hirsch
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