George Bush rassure son peuple et affine sa riposte
Retranché dans sa résidence de Camp David, le président George W. Bush a poursuivi, samedi, les préparatifs de la riposte américaine après les attentats du 11 septembre. A Kaboul, le régime des taliban est de plus en plus isolé.
George Bush devait tenir une téléconférence avec les membres du Conseil national de Sécurité. «Cela veut dire que la préparation (des opérations) est en cours et qu’elle se poursuit activement. Le président met au point la prochaine phase inévitable», a indiqué la Maison Blanche.
Le chef de la Maison blanche a également tenu à rassurer ses concitoyens sur l’état de l’économie américaine qui, selon lui, surmontera cette épreuve. «Aucun terroriste ne pourra dicter notre destin», a-t-il lancé lors de son allocution radiophonique hebdomadaire.
Kaboul se prépare aux attaques
A Kaboul aussi, on se préparait aux représailles américaines. Les taliban ont accusé Washington de rejeter toute possibilité de compromis au sujet de l’extradition du milliardaire saoudien Oussama ben Laden, suspect no 1 des attentats, dont le bilan définitif approchera sans doute les 7000 morts.
«La suggestion visant à persuader ben Laden de quitter l’Afghanistan» de son plein gré «a été pratiquement balayée par les Etats-Unis» et «nous envisageons davantage maintenant l’option du jihad» (guerre sainte), a déclaré à l’afp Abdul Hai Mutmaeen, porte-parole du chef suprême des taliban.
Kaboul lâché
Mais le régime de Kaboul, déjà lâché par le Pakistan qui a assuré les Etats-Unis de son appui, semble de plus en plus isolé. Seul pays avec le Pakistan et l’Arabie Saoudite à reconnaître le régime afghan, les Emirats arabes unis ont rompu samedi leurs relations diplomatiques avec les taliban.
Par ailleurs, après Israël, la Turquie a annoncé samedi qu’elle était prête à ouvrir son espace aérien aux Américains. En prévision de la riposte, Washington a poursuivi le redéploiement de ses forces militaires, entamé depuis plusieurs jours, vers le Proche-Orient et l’Océan Indien.
Des bombardiers américains B-52, utilisés pendant la guerre du Golfe pour tirer des missiles de croisière, devaient quitter une base aérienne aux Etats-Unis pour renforcer les forces déjà déployées.
Avions américains en Ouzbékistan
Samedi, on a par ailleurs appris que des avions militaires américains étaient arrivés sur un aéroport de l’Ouzbékistan, une ex-république soviétique frontalière de l’Afghanistan.
George Bush et son homologue russe Vladimir Poutine ont eu un entretien téléphonique au sujet du terrorisme qualifié de «très constructif» par la Maison Blanche. Moscou s’est opposé jusqu’à présent à l’utilisation par l’armée américaine des anciennes bases soviétiques situées dans ces pays.
Soutien européen
Les Américains peuvent compter sur le soutien déterminé de l’Europe. Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE ont affiché vendredi soir à Bruxelles leur solidarité et jugé «légitime» une riposte américaine, tout en insistant pour que cette réponse soit «ciblée» et se situe sous l’égide de l’ONU.
Les Quinze ont par ailleurs insisté sur la nécessité de lutter contre les sources de financement du terrorisme. Les ministres des finances ont ainsi commandé pour le 16 octobre au comité des superviseurs boursiers européens un «rapport précis» des enquêtes sur des présumés délits d’initiés avant les attentats du 11 septembre, dont aurait bénéficié Oussama ben Laden.
Nouvelles arrestations
L’enquête sur les réseaux terroristes continue pendant ce temps à s’internationaliser, avec des arrestations dans la mouvance islamiste en Grande-Bretagne, en France, en Amérique du Sud et au Yémen.
La police belge a annoncé l’arrestation de deux hommes et la saisie une grande quantité de produits chimiques qui auraient pu servir à fabriquer une bombe de forte puissance.
swissinfo avec les agences
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