George W. Bush lance une deuxième vague de frappes contre Ben Laden
Alors qu'une nouvelle offensive aérienne est lancée contre plusieurs cibles en Afghanistan, dont les bases supposées des réseaux Al-Qaida, les Etats-Unis maintiennent la pression. Ils ont prévenu lundi le Conseil de sécurité de l'ONU qu'ils pourraient entreprendre «d'autres actions» contre d'autres organisations et Etats.
Des déflagrations d’impacts de bombes ont été entendues lundi soir près de Kaboul, a constaté un journaliste de l’AFP. Selon des résidents de la capitale, des avions pouvaient également être entendus au-dessus de la capitale, alors que de longues salves étaient tirées depuis le sol.
En outre, selon des diplomates en poste à New York, les Etats-Unis ont averti l’ONU d’éventuelles autres actions en dehors de l’Afghanistan. L’administration Bush envisage de viser d’autres organisations terroristes et d’autres Etats après les bombardements contre l’Afghanistan.
George Bush l’avait déjà laissé entendre lors de son allocution télévisée de dimanche en déclarant: «aujourd’hui, nous nous concentrons sur l’Afghanistan, mais la bataille sera plus large».
Le chef de la Maison Blanche a ajouté que «les Etats-Unis sont l’ennemi de tous ceux qui aident les terroristes et des criminels barbares qui profanent une grande religion, l’Islam, en commettant des meurtres en son nom».
Un très fort soutien de son opinion publique
A ce stade, George Bush dispose du très fort soutien de son opinion publique, un soutien reflété par l’union sacrée des élus démocrates et républicains du Congrès ainsi que par les éditoriaux de la presse écrite. Les sondages réalisés après le début des représailles confirment que l’écrasante majorité des Américains accordent à M. Bush des records historiques de popularité.
En effet, 90% des Américains approuvent la manière dont leur président gère la crise et appuient le volet militaire de l’opération «Liberté Immuable», même si celui-ci devait nécessiter l’envoi de troupes américaines en Afghanistan. Par ailleurs, les sondages montrent que 70% des Américains sont favorables à l’extension de l’opération au-delà de l’Afghanistan pour cibler d’autres pays proches des terroristes.
Les responsables américains affirment que le début des représailles accroît le risque d’attentats contre des intérêts et des ressortissants américains, aussi bien aux Etats-Unis qu’ailleurs dans le monde.
De vives craintes aux Etats-Unis
Les nouvelles déclarations d’Oussama Ben Laden, promettant que les Etats-Unis «ne connaîtront plus jamais la sécurité», et celles de l’ambassadeur des taliban au Pakistan, évoquant «des conséquences très graves», ne font qu’alimenter les craintes. Et ces craintes dépassent l’imagination: «nous savons seulement que le prochain attentat sera quelque chose que nous ne pouvons pas prédire», déclare ainsi Trent Lott, le chef de la minorité républicaine au Sénat.
La police de Washington a enlevé toutes les poubelles se trouvant dans les couloirs du métro et sur les quais des stations, de façon à éviter que des individus ne puissent y déposer des explosifs, des produits chimiques, voire des agents bactériologiques ou radioactifs.
La sécurité est renforcée dans d’autres grandes villes des Etats-Unis, de New York à Los Angeles, de Baltimore à Miami. Le FBI, la police fédérale américaine, est en état d’alerte maximum. De son coté, le Département d’Etat appelle à la prudence tous les Américains qui vivent ou voyagent à l’étranger.
Marie-Christine Bonzom, Washington
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