Gian Franco Kasper à confesse
A l'aube de la nouvelle saison qui s'ouvre samedi sur le glacier de Sölden, le président de la Fédération internationale de ski analyse l'évolution de son sport.
– swissinfo: comment se portent les différentes disciplines du ski ?
– Gian Franco Kasper: à l’heure actuelle, le saut prend énormément d’ampleur. Ceci s’explique par la mainmise des athlètes allemands sur cette discipline. L’intérêt est énorme et les moyens financiers et médiatiques suivent. Le ski acrobatique souffre passablement alors que le snowboard, phénomène de mode, perd un peu de vitesse.
Le ski en général se professionnalise et comme nous organisons plus de 3000 manifestations par saison, nous avons également dû professionnaliser les structures organisationnelles et améliorer la sécurité.
Nous voulons en outre essayer de donner un caractère plus festif aux différents rendez-vous en concentrant les épreuves et en proposant diverses activités dans les aires d’arrivée. Les compétitions restent primordiales mais nous devons amener cette touche festive afin d’attirer les jeunes.
– Vous parliez il y a une année déjà d’un nouveau type de slalom en ski alpin, où en est-on aujourd’hui au niveau des innovations?
– Nous devons effectivement moderniser le ski alpin sans le prostituer. Nous allons tester au mois de décembre un nouveau format de slalom qui comprendra quatre manches et qui sera disputé par groupes. Si ce concept rencontre le succès escompté, nous l’étendrons à tous les slaloms. Entre Noël et Nouvel an de l’an prochain (2002-2003), nous organiserons également un Grand Prix des nations en Italie.
– Vous évoquiez également le projet d’une télévision propre à la FIS ?
– Au niveau technique nous sommes prêts mais nous devons encore régler des questions d’ordre juridique. J’espère que tout sera prêt pour la saison 2002/2003.
Par ailleurs, la collaboration actuelle avec les télévisions des divers pays fonctionne bien. Même si certaines nations, en manque de stars, ne portent qu’un intérêt modéré au ski. Comme nous dépendons toujours de conditions météorologiques favorables pour que les retransmissions se déroulent sans problèmes les formats se doivent d’être adaptés sans pour autant dénaturer notre sport.
– et l’Internet ?
– Pour l’instant nous n’utilisons l’Internet que pour annoncer les différents rendez-vous et diffuser les résultats. Mais si la qualité des images s’améliore, il n’est pas exclu que celui-ci vienne en complément de la télévision.
– Financièrement, les sponsors sont-ils toujours prêts à investir dans le ski ?
– Pour la Coupe du monde de ski alpin, trois ou quatre grandes compagnies attendent le départ du sponsor principal, c’est donc plutôt bon signe. C’est vrai que nous avons besoin de stars mais il est malheureusement impossible de les créer. Il est impossible de «refaire» un Alberto Tomba par exemple. Je ne doute pas que de nouvelles étoiles vont éclore.
– Le dopage est également une réalité pour les sports d’hiver (en ski nordique notamment), avez-vous prévu de nouvelles mesures pour le combattre?
– Nous allons travailler de concert avec l’Agence mondiale antidopage (AMA). Plus de contrôles sont prévus tout au long de la saison avec une technique nouvelle de vérification du sang pour les skieurs nordiques. Mais nous avons besoin d’une aide plus pointue de la recherche pour mettre au point des systèmes de détection encore plus efficaces. Les tricheurs ont toujours un pas d’avance.
– Evoquons pour terminer les deux grands rendez-vous de Salt Lake City 2002 et de Saint-Moritz 2003.
Les Jeux olympiques de 2002 sont en préparation depuis sept ans. Nous allons connaître des problèmes de sécurité sur place relatifs aux événements du 11 septembre. Mais ces Jeux peuvent également être un symbole de vie dans ces moments de crise.
Quant à Saint-Mortiz 2003, ces championnats du monde constitueront le plus grand événement qui n’ait jamais eu lieu en Suisse. J’espère que cela permettra aux athlètes suisses de se développer.
Mathias Froidevaux, Oberhofen
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