Gros enjeux pour les Suisses
La Coupe du monde de ski nordique fait étape à Davos. Les Suisses jouent leur billet pour les Jeux olympiques.
Après la Finlande (Kuopio) et l’Italie (Cogne et Brusson), la Coupe du monde fait halte en Suisse, à Davos. Pour les spécialistes helvétiques l’enjeu est d’importance. Il conditionne en effet les qualifications pour les Jeux olympiques de Salt Lake City.
Michel Antzemberger, chef du fond, affirme toutefois «qu’il ne faut pas se focaliser sur les sélections. Mais prendre la Coupe du monde comme telle». Il est vrai que, Davos mis à part, cinq courses (réparties sur les sites de Ramsau, Val-di-Fiemme et Nove Mesto) sont encore inscrites au programme d’ici au 24 janvier, date butoir des sélections.
Les premiers qualifiés
A ce jour, seul le Grison Patrick Maechler, le Zurichois Reto Burgmeister et le Saint-Gallois Christophe Eigenmann – pour les épreuves de sprint uniquement – ont leur billet en poche. Chez filles, la situation est plus délicate: la Valaisanne Brigitte Albrecht a satisfait à la moitié des critères grâce à sa victoire en Coupe continentale à Ulrichen.
Quant à la Vaudoise Laurence Rochat, elle s’est classée meilleure Suissesse sur le front de la Coupe du monde. La Combière a donc aligné quelques bons résultats. Toutefois, elle n’est pas entrée dans les points Coupe du monde, un des critères de sélection.
«La concurrence en Coupe du monde est de plus en plus forte», relève Markus Kramer, l’entraîneur des filles. «Par exemple, avec les mêmes écarts que la saison passée, nos filles perdent dix à vingt rangs.»
Problème de santé
Par ailleurs, Laurence Rochat est une nouvelle fois confrontée à des problèmes d’asthme. Raison pour laquelle elle a occulté le rendez-vous de Brusson. «Après Cogne je suis rentrée directement à Davos. Les tests ont, en effet, démontré que par les grands froids (à partir de – 10, – 12 degrés), je perds 30% de mes capacités pulmonaires».
La fondeuse de La Vallée de Joux a néanmoins pris la décision de courir, envers et contre tout, le dix kilomètres style classique de samedi. Après, elle fera le point. «Afin de me protéger du froid je mets un voile devant la bouche», explique-t-elle. Et d’ajouter: «Si ça passe samedi, ça devrait également passer dimanche».
Dimanche, une échéance importante durant laquelle, au terme des relais, les filles et les garçons ont la possibilité d’obtenir quatre places pour les Jeux. Condition sine qua non: les filles doivent terminer dans les sept premières. Les hommes, eux, doivent obtenir au moins une huitième place.
Résultats en demi-teinte
Des hommes dont le bilan de ce début de saison est mi-figue mi-raisin. Un constat qui n’échappe pas à leur entraîneur, le Norvégien Ulf Morten Aune: «Je ne suis pas satisfait même si les Suisses n’ont jamais obtenu d’aussi bons résultats que ces sept ou huit dernières années. Mais il faut accepter la situation.»
Et Ulf Morten Aune de rajouter: «Au départ des courses il y a plus de 100 concurrents. De ce fait, la fourchette est de plus en plus étroite en ce qui concerne les tempos, mais de plus en plus grandes pour ce qui est des écarts…»
Des conditions d’autant plus difficiles que les points de Coupe du monde reviennent toujours aux trente premiers.
Pierre-Henri Bonvin, Davos
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