Interpol au secours de Serono
Le groupe biotechnologique a été victime d'une tentative d'extorsion à Singapour. Sollicité, Interpol enquête sur d'éventuelles ramifications internationales.
Tai Cheong-Hui, vice-président de Serono à Singapour, se souviendra de ses rencontres avec deux hommes d’affaires et une femme dans le lobby de l’hôtel Intercontinental.
Les deux frères et l’épouse de l’un d’entre eux l’ont menacé de dévoiler des informations gênantes sur les activités de la société suisse de biotechnologie en Chine. Et pour prix de leur silence, ils lui ont demandé de leur verser 6 millions de dollars américains.
Piégé par la police
Tai Cheong Hui a aussitôt alerté la police. Et lors d’un deuxième rendez-vous dans le même hôtel, le trio d’escrocs a été arrêtes. Melvin Tan Bun Leong, 29 ans, sa femme Apple Xu Xiahong et son frère Benjamin Tan Bun Heng sont passés aux aveux.
Ils avaient l’intention de ruiner la réputation de la filiale chinoise de Serono, en laissant entendre qu’elle distribue des produits qui ne sont pas sûrs. Et qu’elle ne respecte pas la réglementation du ministère chinois de la Santé.
La police de Singapour avoue que son enquête sur les raisons de ce chantage contre la société suisse est dans une impasse. Elle craint que les trois personnes arrêtées n’appartiennent à un réseau international de maîtres chanteurs spécialisés dans le chantage aux multinationales présentes en Asie.
La piste des mafias asiatiques
D’où le recours aux services d’Interpol. Ce n’est pas un secret: des mafias asiatiques ont mis au point des systèmes d’extorsion de fonds d’une ampleur difficilement imaginable en Occident. Le plus connu d’entre eux est celui développé par les yakusa, la pègre nippone.
Serono est présent à Singapour depuis 1987. Cette île-Etat sert de centre à ses activités dans la région. En 1997, l’entreprise suisse a investi dans le parc industriel Chine-Singapour de Suzhou.
Crée en Chine, ce parc englobe des firmes de Singapour attirées par un marché prometteur, grâce au milliard de consommateurs chinoise potentiels.
swissinfo/Georges Baumgartner à Tokyo
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