Jeanine Cicognini
Pour une médaille olympique, elle pourrait devoir attendre Londres 2012. Mais qualifiée pour Pékin, la championne suisse de badminton est du genre à surprendre. A condition de tenir les blessures à distance.
«C’est une Valaisanne…. Elle en veut!». Grand patron des compétitions à Swiss badminton, Claude Heiniger voit dans sa force mentale un des principaux arguments de Jeanine Cicognini.
Le mental est là, le physique aussi. Même si la principale intéressée estime devoir progresser dans ce domaine. Plus robuste et pugnace qu’aérienne et gracieuse, «Cico» est une fine technicienne de la raquette. Une enfant de la plume très précoce – championne de Suisse à seize ans.
Dans l’histoire du badminton féminin suisse, elle marche sur les traces de Liselotte Blumer, championne d’Europe dans les années 80 et terreur de nombreux joueurs masculins sur les courts de la petite Helvétie de l’époque.
Les Chinoises favorites
Claude Heiniger considère prématuré de rêver à une médaille olympique pour Jeanine Cicognini. La Suissesse est en pleine ascension. Mais sa marge de progression est bien réelle. Il lui faudra encore travailler avant de songer à battre les meilleures mondiales. Les Chinoises surtout, qui devraient se répartir le butin olympique.
A Pékin, tout dépendra du tirage au sort. Avec une bonne main, Jeanine Cicognini peut gagner un ou deux matches. Mais il lui sera très difficile de dépasser les huitièmes de finale, pronostique Claude Heiniger.
A 21 ans, Jeanine est en mesure d’éliminer des joueuses situées vers la 20e place du classement mondial. Dans deux ou trois ans, elle peut espérer figurer parmi les dix meilleure mondiales, estime-t-il.
Pour cela, la santé devra suivre. Jusqu’ici, les blessures (genou, dos) ne l’ont pas épargnée. Mais la Valaisanne est en forme pour les JO. «Me qualifier, j’en rêvais. Je me sens très bien, j’ai beaucoup travaillé sur le court et sur le plan physique. A moins de tomber contre une des toutes meilleures d’entrée, j’espère passer le premier tour à Pékin.»
Des JO pour apprendre
Jeanine ne se fait pas d’illusions. «Le tournoi olympique me permettra d’apprendre. Je suis encore une jeune joueuse et les médailles ne sont pas encore pour moi. Mon grand objectif, c’est les JO de Londres et le top 20 d’ici quatre ans.»
Sa préparation, elle ne l’a pas menée en Suisse. Après trois ans au Danemark, pays phare du badminton en Europe, Jeanine a passé plus d’un an en Allemagne au centre de formation de la fédération internationale. Une fédération décidée à faire éclore quelques pépites non-asiatiques d’un sport qui le reste très peu.
Forte de son expérience pékinoise, Jeanine pourrait bien rentrer au pays afin d’y poursuivre carrière et entraînements sous l’égide de la fédération suisse. «J’hésite encore», nuance-t-elle.
Retour possible en Suisse
Depuis trois ans, Swiss badminton s’est pourtant donné les moyens d’accompagner ses jeunes talents vers les sommets. Derrière Jeanine, le terrain n’est pas vierge et d’autres fous du volant sauront lui mettre la pression nécessaire pour l’aider à parvenir au plus haut niveau.
«Surtout, à Berne avec notre entraîneur national, elle pourrait bénéficier d’un suivi beaucoup plus personnalisé que dans les grands centres européens», plaide Claude Heiniger.
Jeanine Cicognini a beau faire le spectacle avec des volants de plumes, elle conserve un bon sens terrien. Une chose à la fois. Pékin, après, on verra. Set et match.
swissinfo, Pierre-François Besson
Jeanine Cicognini est née à Brigue (canton du Valais) en 1986.
Au sortir de l’école obligatoire, elle devient joueuse professionnelle de badminton.
Rapidement, elle part s’entrainer deux ans au Danemark, nation phare du badminton en Europe.
Depuis plus d’un an, elle travaille son jeu au centre mondial de la fédération internationale de badminton à Sarrebruck, en Allemagne.
A Pékin, Jeanine Cicognini participera à ses premiers JO.
Quatre fois championne de Suisse, Jeanine Cicognini a obtenu son premier titre à 16 ans en 2003.
La No 1 suisse a été vice-championne d’Europe junior en 2005.
47e joueuse mondiale, elle a battu la 22e au classement mondial en début d’année.
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