L’Europe, au bout des gants de James Fenu
Après Martelli et Bozon, l'Yverdonnois pourrait devenir, mardi, le troisième boxeur suisse de l'après-guerre à remporter un titre européen.
«Voilà, les bagages sont prêts!», soupire Aldo Amicucci. Le coach, l’entraîneur, mais également l’ami du boxeur James Fenu. Aldo Amicucci est aussi le parrain de son fils Valentin, né il y a six mois. Après une dernière semaine passée en altitude, à Veysonnaz, le «clan Fenu» peut prendre, confiant, la direction de l’Espagne.
Dix ans après, la consécration
Mardi soir aux Canaries, à Telde, face au Russe Boris Sinitsin, James Fenu va disputer «son» championnat d’Europe des super-plumes. Le combat de sa vie.
«Ce match, c’est déjà en lui-même une consécration. L’aboutissement de ma carrière. Un rêve qui se réalise», concède le petit gars du Nord vaudois. «Mais là je suis encore deux fois plus motivé. Ce titre, je le veux vraiment!»
Il y a dix ans, James Fenu pousse, presque par accident, la porte du club de boxe d’Yverdon. Adepte des arts martiaux, il veut améliorer sa technique aux poings. Mais le noble art ne le lâchera plus. La sueur, les punching-balls et les interminables séries avec des sparring-partners. Que de chemin parcouru pour ce semi-professionnel, électricien à 70%.
La droite dévastatrice de son adversaire
Reste désormais à poser la dernière pierre à l’édifice. La plus difficile sans doute. Pour rejoindre Mauro Martelli (titré à cinq reprises dans les années 80) et Bernard Bonzon (sacré en 1994) dans l’histoire des Suisses champions d’Europe après la Seconde Guerre mondiale.
Mais pour avoir le droit de porter à bout de bras cette ceinture tant convoitée, James Fenu devra battre le tacticien russe, Boris Sinitsin. «Ce n’est pas un félin», prévient Aldo Amicucci. «Plutôt un joueur d’échecs qui prend son temps pour trouver l’ouverture et placer sa droite dévastatrice. Mais ce n’est pas une montagne sans points faibles.»
Un faux calme comme un lézard
Discret et courageux, James Fenu est à l’image du lézard qu’il cache sur son bras. A l’abri des regards. Un tatouage qui en dit long sur sa boxe: «j’aime bien cet animal par ce que c’est un faux calme. Qui peut jaillir à tout moment. Je suis un peu comme cela.»
En Espagne, sur le terrain de ses exploits passés (James Fenu y a notamment battu Pedro Ferradas, 3ème au classement de l’Union européenne de boxe), l’Yverdonnois d’origine sarde ne partira pas favori.
Mais son statut d’outsider lui va comme un gant. Lui qui n’attend plus qu’une seule chose désormais: que le gong marquant le début du combat retentisse enfin.
Mathias Froidevaux
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