L’incendiaire des églises défie la police vaudoise
Une église de la région lausannoise a de nouveau été la cible d'un incendie criminel. C'est le quatrième attentat de ce type en un an. Avec à chaque fois la signature du pyromane sous forme de graffitis injurieux. Pour l'heure, la police cantonale vaudoise piétine dans une enquête sans mobile apparent.
C’est vers deux heures du matin jeudi qu’un voisin de l’église protestante de Saint-Sulpice a prévenu les pompiers de la commune. Aidés par leurs collègues de Crissier, Ecublens et Lausanne, les hommes du feu sont venus à bout du sinistre vers trois heures trente.
Seul le clocher, dont la toiture était neuve, a été endommagé par le feu. Fort heureusement, l’intérieur de l’église n’a pas été touché. Et il est impossible pour l’instant de donner une évaluation du montant des dégâts.
Probablement l’œuvre d’un «Serial Incendiaire»
«Comme dans les trois autres cas enregistrés dans le canton de Vaud, l’origine criminelle de l’incendie ne fait aucun doute», explique Maurice Gehri, porte-parole de la police cantonale vaudoise.
«Les enquêteurs ont déjà trouvé des traces de produits d’accélération. De plus, ajoute le policier, des injures ont été inscrites sur les murs du temple à proximité du foyer».
La similitude des injures écrites et le procédé de mise à feu, quasiment identique dans les autres églises, sont les deux seuls indices concrets en possession de la police.
Sans mobile apparent
«Ces incendies sont probablement l’œuvre d’une seule et même personne, précise Maurice Gehri, en raison de la similitude des actes criminels. Mais il n’y a pas de mobile apparent. Dès lors, les enquêtes sont très difficiles».
La police ne s’appuie que sur des preuves scientifiques. Elle n’écarte aucune piste, même si certaines d’entre-elles ne paraissent pas sérieuses. Le travail d’investigation se fait en étroite collaboration avec les services de l’identité judiciaire et de la police scientifique.
Et Maurice Gehri d’ajouter: «Malgré les avances technologiques et des méthodes de recherches nouvelles, le ou les criminels ne peuvent être trouvés pour l’instant.»
Beaucoup d’hypothèses
L’absence de mobile ouvre la porte à toutes les hypothèses. Une chose est sûre: la déprédation du patrimoine religieux touche énormément la population.
Les injures relevées lors d’un autre incendie, comme «chien de chrétien», ou encore «le feu pour vos porcheries» et la présence d’un croissant islamique pouvait faire croire à un acte perpétré par musulmans fanatiques. Cependant, des erreurs grossières relevées dans les graffitis laissent supposer une provocation pure et simple.
Ces actes peuvent également être imputés à un illuminé, à un malade mentale, à des membres d’une secte satanique, d’anticléricaux, ou encore à des extrémistes politiques. Sans oublier un «banal» acte de vengeance ou de pyromanie pure.
Malgré la promesse d’une récompense de 10 000 francs, les témoignages ne sont pas légion, confie Maurice Gehri.
Tout dépend peut-être du travail d’analyse comparative mené par le juge d’instruction cantonal. La similitude des faits, établis suite aux sinistres de Saint-Sulpice, du Prieuré, de l’église de Chamblandes à Pully et de l’église Saint Paul de Lausanne peut mettre les enquêteurs sur la piste du ou des coupables.
Jean-Louis Thomas
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