La guerre psychologique a commencé pour Alinghi
Le défi suisse n'a fait qu'une bouchée des Américains d'Oracle dans les demi-finales de la Coupe Louis-Vuitton.
Mais, dans le port d’Auckland, l’ambiance se tend pour Alinghi dans la perspective de la finale et la Coupe de l’America.
Les cloches des armaillis fribourgeois et les cris d’encouragement des supporters ont longuement résonné dans tout le viaduc lundi, lorsque le voilier noir aux flammes rouges s’est amarré au ponton de la base suisse.
Les flots de champagne se sont mêlés aux larmes de joie. Les marins ont embrassé les hommes à terre, les visages étaient rayonnants.
Alinghi s’est offert un superbe cadeau de Noël: le défi suisse renvoie Oracle dans les tréfonds des repêchages et se qualifie brillamment pour la finale de la Coupe Louis-Vuitton, les éliminatoires de la Coupe de l’America.
Un succès mérité
Les marins suisses ont dû patienter trois jours avant de marquer le quatrième point décisif et se défaire du défi californien par 4 à 0.
«C’est une grande étape pour notre équipe d’arriver en finale de la Coupe Louis-Vuitton», a déclaré à swissinfo Russell Coutts, le visage baigné de champagne. «Mais notre objectif est d’atteindre la Coupe de l’America et nous avons encore beaucoup de travail pour y arriver.»
Le skipper du défi suisse a avoué avoir été surpris du résultat final et s’attendait à des régates plus disputées.
Mais, selon Christian Karcher, un des marins d’Alinghi, le Team suisse bénéficiait d’un petit plus au niveau de l’organisation, de la vitesse du bateau et des navigants. Cette somme de moindres différences explique le résultat net sur l’eau.
«Notre bateau va tout le temps vite, ce qui signifie qu’il est toujours bien réglé. Les régleurs sont très réactifs, ça tombe bien. Une qualité nécessaire sur ce plan d’eau», souligne Christian Karcher.
Une période capitale
Trois semaines: le temps à disposition du défi suisse peut sembler colossal mais nécessaire, selon Russell Coutts, qui juge cette période capitale pour son équipe. «Si vous regardiez dans nos hangars, vous comprendriez l’utilité de ces semaines», explique le Néo-zélandais en rigolant.
«Nous avons de nombreux développements en cours sur nos bateaux, qui exigent beaucoup de temps et de travail.»
Durant cette période, Alinghi dessinera également ses voiles pour la finale et la Coupe de l’America, non sans avoir auparavant testé de nouvelles idées.
A terre, la bataille fait déjà rage
Le combat sur l’eau n’a pas encore eu lieu, mais déjà la bataille fait rage à terre. Dès la qualification du défi suisse pour la finale de la Coupe Louis-Vuitton, Team New Zealand a mis en évidence une contradiction entre le protocole de la Coupe de l’America et les conditions de course de la Coupe Louis-Vuitton, dont la conséquence est de taille.
Elle obligerait en effet les Challengers à utiliser le bateau employé en demi-finale lors de la finale et la Coupe de l’America. Le but non avoué de cette démarche est de protéger les innovations technologiques secrètes développées par Team New Zealand et copiées par certains syndicats, dont Alinghi.
Le Defender a en effet mis au point une arme secrète qui consiste en une sorte de double coque, considérée comme un appendice, qui permet d’allonger les bateaux en restant dans la jauge des Class America et donc de gagner de la vitesse.
«Nous avions discuté de cette possibilité de développement avec notre Design Team en septembre 2000, mais nous pensions qu’elle ne serait pas validée par les juges. En octobre dernier, une interprétation confidentielle nous laissait dire le contraire et nous avons donc commencé à étudier cette innovation», explique Russell Coutts.
La guerre n’a pas fini de battre son plein dans le golfe d’Hauraki.
swissinfo/ François Egger à Auckland
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