La Suisse au cœur des négociations colombiennes
En Colombie, le pire a été évité. La Suisse est directement associée à la reprise des négociations entre la guérilla et le gouvernement.
Après avoir évité de justesse une rupture des négociations ce week-end, le gouvernement et la guérilla des FARC ont entamé mardi des pourparlers qui doivent se terminer dimanche.
Ce premier volet de pourparlers a pour but de fixer «un calendrier précis pour la négociation d’accords destinés à diminuer l’intensité du conflit». Et c’est sur cette base que le chef de l’Etat colombien Andres Pastrana décidera si les FARC conserveront le contrôle de la zone démilitarisée qui leur a été concédée.
Une semaine cruciale
Cette série de rencontres est donc cruciale. D’où l’importance du rôle joué par le représentant de l’ONU James Lemoyne et par les dix pays «facilitateurs» du processus de paix – dont la Suisse.
Cette présence active a d’ailleurs été déterminante ces derniers jours. Elle a notamment permis d’éviter la rupture des négociations entamées il y a trois ans. «Sans notre intervention, confirme Viktor Christen, ambassadeur de Suisse en Colombie, je ne sais pas où nous en serions maintenant.»
Dans les faits, les représentants des pays «facilitateurs» n’interviennent pas directement dans les négociations. Selon Riccardo Pescia, ancien collaborateur diplomatique aux Affaires étrangères en charge du dossier colombien, ils se contentent de prodiguer des conseils aux acteurs du conflit.
Une façon de contribuer à la diminution de la tension dans le cadre d’un conflit vieux d’un demi-siècle. Une guerre qui a déjà fait des dizaines de milliers de victimes.
Construire la confiance
«Il existe une incroyable méfiance des deux côtés», précise Viktor Christen. Raison pour laquelle, les représentants des dix pays vont tenter de faire un pas de plus en participant aux nouveaux pourparlers.
«C’est la première fois que les pays facilitateurs participent directement aux négociations, précise le Suisse Viktor Christen. Jusqu’à présent, nous avions des entretiens séparés avec chacune des parties.»
A noter que l’ambassadeur Viktor Christen représente également la Suisse dans d’autres pourparlers. Cette fois, entre l’ELN – le deuxième plus important mouvement de guérilla colombien – et le gouvernement.
Des négociations tout aussi laborieuses que celles qui sont menées avec les FARC. Et qui portent également sur des questions de calendrier.
Dans ce cas, les deux parties ont demandé à Berne d’organiser une rencontre en Suisse. Selon Jean-Pierre Gontard qui collabore avec le DFAE, elle devrait se tenir du 25 au 27 février prochains à Genève.
Frédéric Burnand
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