La Suisse soutient Mary Robinson
La Suisse soutient les efforts que pourrait mener au Proche-Orient Mary Robinson, Haut-Commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme.
A Genève, à la Commission des droits de l’homme des Nations Unies actuellement réunie en session annuelle, la journée de vendredi était intégralement dédiée à un débat sur la situation israélo-palestinienne.
Les pays de la Ligue arabe et de la Conférence islamique avaient présenté un projet de résolution condamnant les pratiques israéliennes dans les territoires occupés et approuvant la proposition de Mary Robinson de s’y rendre sans plus attendre.
La Suisse, par la voix de son représentant permanent François Nordmann, a soutenu la démarche de la Haut-Commissaire. Sa mission, déclare l’ambassadeur suisse, «est d’autant plus nécessaire dans le contexte actuel de manipulation des informations».
Entendez par-là que les membres de la Commission des droits de l’homme de l’ONU a besoin, pour sa propre gouverne, de disposer d’informations de première main.
La Suisse n’a pas co-parrainé la résolution
Si Mary Robinson peut donc en recueillir directement sur place, nous dit un observateur suisse, ce serait certainement un plus. Sous-entendu: ce n’est pas cette mission qui changera la donne du terrain.
Cela dit, la Suisse, qui n’a d’ailleurs qu’un statut d’observateur à la Commission, n’a pas co-parrainé cette résolution acceptée en début de soirée à une très large majorité.
On explique entre autres dans la délégation suisse que le texte proposé n’exprimait aucune condamnation des attentats-suicides. On fait également observer que la résolution n’a rien d’exhaustif mais qu’elle offre tout de même une occasion supplémentaire d’envoyer un «message humanitaire».
Il faut que les parties au conflit négocient
Ce point de vue rejoint celui exprimé à Berne par le Ministère des Affaires étrangères. Sa porte-parole Muriel Berset-Kohen a redit vendredi à swissinfo que ce qui compte avant tout pour lui est «que les parties au conflit cessent toute violence et se remettent à négocier.»
La Suisse approuve-t-elle l’idée d’une force internationale ou américaine au Proche-Orient comme le demandent les Palestiniens? La porte-parole répond par l’affirmative: «Nous sommes prêts également à la soutenir si cela entre dans notre cadre législatif».
A y participer aussi? «Tout dépend, dit-elle, des critères d’une telle mission, car notre législation est particulièrement restrictive. Nous n’envoyons que des personnes qui ne sont pas armées et sur la base seulement de mandats des Nations Unies ou de l’OSCE.»
swissinfo/Bernard Weissbrodt
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