La Suisse, un exemple pour l’Europe
Dans le domaine de la lutte contre le financement du terrorisme, la Suisse n'a aucune leçon à recevoir des Européens. Mieux, elle se donne en exemple.
Pascal Couchepin a son franc-parler et n’hésite pas à taper du poing sur la table pour redorer l’image de la Suisse. Participant mardi à la rencontre annuelle entre ministres de l’Economie de l’Union européenne et de l’AELE , le chef du Département fédéral de l’économie a affirmé que la Suisse était «exemplaire» en ce qui concerne la lutte contre le blanchiment de l’argent sale.
« Je n’ai pas eu le moindre écho d’un reproche adressé à la Suisse en matière de lutte contre le financement du terrorisme», souligne Pascal Couchepin. Le ministre a confié à ses collègues que la Confédération partageait la préoccupation de l’Union européenne. En leur rappelant qu’elle avait signé, en juin, la Convention pour la répression du financement du terrorisme. Et qu’elle allait accélérer le processus de sa ratification.
L’exemple helvétique
Bref, la Suisse n’a aucune leçon à recevoir de l’Union européenne dans ce domaine. Elle serait même «en avance», souligne Pascal Couchepin. Ainsi la Suisse applique depuis 1998 une loi contre le blanchiment de l’argent sale. Une loi qui correspond à celle que l’Union européenne vient d’adopter.
De même, la législation bancaire helvétique oblige déjà les intermédiaires non bancaires à décliner leur nom. Disposition qui n’entrera en vigueur chez les Quinze que dans dix-huit mois seulement.
Enfin, la Suisse est tout à fait favorable à l’extension des activités du GAFI (Groupe d’action financière sur le blanchiment des capitaux). Le GAFI qui pourrait s’occuper également de la lutte contre le terrorisme.
Une excellente collaboration
Pascal Couchepin ne cache pas sa fierté. Et le Conseiller fédéral d’ajouter que « si les Etats-Unis avaient émis des doutes sur la possibilité de collaborer avec la Suisse en matière de lutte contre le financement du terrorisme, ils ont maintenant pu constater que la collaboration était excellente».
Et Pascal Couchepin de citer l’exemple des 24 comptes bancaires, à l’origine douteuse, qui ont été bloqués la semaine dernière. Des comptes qui contiennent au total quelque 12 millions de francs suisses.
Barbara Speziali, Bruxelles
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